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Jérôme Rodrigues, le "gilet jaune" qui inquiète le gouvernement français

Jérôme Rodrigues, le "gilet jaune" qui inquiète le gouvernement français
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Le gouvernement français est inquiet, car ce qui s'est passé samedi pourrait être un tournant dans le mouvement des gilets jaunes. Alors que le débat en France sur l'utilisation des armes dites de "force intermédiaire" prenait de l'ampleur, Jérôme Rodriguez, figure emblématique et pacifique du mouvement des gilets jaunes, a été blessé à l'oeil par les forces de police pendant qu'il filmait les manifestations.

Hier, il a été entendu par l'Inspection générale de la police nationale. Le parquet de Paris a également lancé une enquête pour rechercher les causes des blessures. Le gouvernement ne voudrait pas que la polémique prenne de l'ampleur, Jérôme Rodrigues donnait une conférence de presse hier à l'hôpital Cochin où il doit encore rester trois jours :

"J'ai subi deux attaques de la part de la police : une grenade qui m'arrive en bas des pieds qui m'assourdit et qui m'étourdit, trois secondes après l'impact de la LBD 40 qui m'arrive à l’oeil".

"Je pense que le policier qui m'a tiré dessus, je pense qu'il l'a fait volontairement, et puis il a super bien visé parce qu'il m'a quand même touché l'œil. Donc je pense que c'était intentionnel, pour ma part".

"J'appelle au calme, je n'appelle à aucune revanche, je n'appelle à aucune haine, je veux que tout le monde reste calme, je ne veux pas être un symbole".

"Aujourd'hui, moi j'appelle à la grève générale le 5 (février), pour porter un coup à l'économie française, parce que si on porte un coup à l'économie française, ce sera porter un coup à nos chers patrons, les copains de M. Macron, et eux iront se plaindre à M. Macron".

Pour l'heure, le gouvernement dit n'avoir aucune preuve de l'utilisation de Lanceur de balles de défense (doté de balles de caoutchouc de 40 mm de diamètre) contre Jérôme Rodrigues, et soutient qu'il a les enregistrements par des caméras piétons des 32 tirs de LBD qui ont eu lieu samedi.

Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" le 17 novembre, l'IGPN a été saisie de 101 enquêtes judiciaires, dont au moins 31 pour des blessés "sérieux ou graves" lors des manifestations.

Samedi, quarante-cinq policiers et gendarmes ont aussi été blessés.

La France insoumise, par la voix de Jean-Luc Mélenchon a réclamé la démission du ministre de l'Intérieur, et Ingrid Levavasseur, à la tête d'une future liste "gilets jaunes" pour les élections européennes, a demandé hier soir la fin de "toutes les violences".