Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.

DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

"La vie en premier lieu", devise cynique de Vale, le géant minier du Brésil

Photo de la mine brésilienne de Brumadinho, ensevelie par une marée de boue
Photo de la mine brésilienne de Brumadinho, ensevelie par une marée de boue
Taille du texte Aa Aa

Le géant minier brésilien Vale ne va pas s'en tirer comme ça. Directement éclaboussé par la marée de boue qui a enseveli une partie de la ville de Brumadinho et de ses alentours, dans l'Etat de Minas Gerais, au sud-est du pays, il va devoir rendre des comptes. Le bilan définitif des victimes de la catastrophe ne pourra qu'être très lourd, étant donné le nombre de personnes encore disparues, près de 300. Et le plus gros producteur mondial de minerai de fer n'en est pas à son premier accident fatal. Il y a seulement un peu plus de trois ans, un autre barrage minier dont il était co-propriétaire, avait également cédé, provoquant une première tragédie.

Ce que n'aurait jamais dû promettre le PDG

Le bilan des victimes avait été moins important, de 19 morts, mais la rupture du barrage de Mariana, en novembre 2015, avait entraîné un énorme désastre pour l'environnement. Le Rio Doce, l'un des plus grands fleuves du Brésil, avait été contaminé sur environ 650 kilomètres, tout au long de sa traversée de deux Etats jusqu'à son embouchure. Un traumatisme pour les habitants de ces régions, qui a fait dire à Fabio Schvartsman, le dernier PDG de Vale, arrivé en 2017 (en photo ci-dessous) : "Plus jamais Mariana !".

C'est ce qui s'appelle une parole en l'air ou une parole de trop. Le maire de Brumadinho est le premier à en vouloir à la direction de la compagnie. "Vale a été inconséquent et incompétent. On pensait qu'ils auraient tiré des leçons de Mariana, mais trois ans après, c'est notre ville qui est meurtrie", s'est mis en colère Avimar de Melo. La ville vit principalement de l'activité minière et les familles ont perdu beaucoup de leurs membres qui travaillaient sur le site quand les flots de boue ont tout emporté.

"La vie en premier lieu !", une devise de très mauvais goût

Ex-entreprise publique privatisée en 1997, Vale s'est hissée au troisième rang mondial des compagnies minières, derrière BHP et Rio Tinto, deux groupes anglo-australiens. Elle se porte magnifiquement bien, comme le prouve sa production de minerai de fer en 2017 : 366,5 millions de tonnes, un record ! Mais ses employés à travers le Brésil sont désormais amers, encore plus quand ils lisent sur le site internet de Vale , comme peut le faire tout un chacun, que les principales valeurs de la firme sont 1 "La vie en premier lieu !" et 2 "Protéger notre planète". Si ce n'est pas du cynisme, alors qu'est que c'est ?

Grâce aux photos aériennes, on peut comparer le paysage autour de Brumadinho avant et après la catastrophe :