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Venezuela : le (très) difficile accès aux soins

Venezuela : le (très) difficile accès aux soins
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REUTERS/Angus Berwick
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Comment se soigner dans un pays en crise ? C'est la question que se posent de plus en plus de Vénézuéliens. Le système de santé est défaillant, et c'est d'autant plus criant pour les habitants des quartiers populaires.

Le correspondant d'euronews s'est rendu dans le quartier El Nazareno dans la banlieue de Caracas.

Rosa est une jeune fille souffrant d'insuffisance rénale. Elle a plus en plus de mal à trouver les médicaments pour se soigner. Elle raconte que plusieurs des malades hospitalisés en même temps qu'elle sont décédés, faute de soins. « Je veux me battre pour survivre, dit-elle, mais c'est très difficile à cause de la situation. »

« On ne sait pas quoi répondre aux gens qu'on est censé soigner »

Le personnel médical subit également les effets de la crise : salaires très bas et manque de moyens matériels.

Les spécialistes s'inquiètent d'une hausse de la mortalité, notamment chez les enfants. D'après Jenny García, de l'Institut national d'études démographiques (INED), la mortalité infantile est passée de 15 à 21,1 morts pour 1 000 naissances vivantes en seulement 7 ans. En cause : la pénurie de médicaments et de vaccins. Plusieurs campagnes de vaccination ont été annulées ces dernières années. Et les enfants sont donc encore plus vulnérables.

Carlos Prosper est médecin à l'Hôpital José Maria Vargas, à Caracas. « Il manque 90% de matériel médical et de médicaments, se désole-t-il_. Les essais cliniques qui étaient effectués avant, ne le sont quasiment plus. Et en plus de la pénurie de médicaments, il y a aussi une pénurie des aliments donnés aux malades dans les hôpitaux. On est pieds et poings liés. On se sent impuissants. On ne sait pas quoi répondre aux gens qu'on est censé soigner._ »

« Payer avec des dollars ? Mais moi, j'en trouve où des dollars ? »

Maria habite dans un autre quartier populaire près de Caracas. Elle souffre de diabète et d'ostéoporose. Elle se démène pour tenter de se procurer son traitement. Son fils, qui est installé au Chili, lui envoie de l'argent pour l'aider un peu.

« Dans certaines pharmacies, on me demande de payer avec des dollars, affirme-t-elle. Mais moi, j'en trouve où des dollars ? J'en ai pas ! J'ai un diplôme d'infirmière, je gagne pas grand chose... »

Les réformes instaurées par le gouvernement Maduro n'ont pas eu le succès espéré. Pour Nicolas Maduro, cette situation de pénurie est la conséquence des sanctions internationales qui frappent le Venezuela.

« Juan Guaido, qui a été reconnu par plusieurs pays comme le président par intérim, a promis la création d'un couloir humanitaire à la frontière du pays et ce, afin de permettre l'arrivée de nourriture et de médicaments, explique Héctor Estepa, correspondant d'euronews à Caracas. Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce cette perspective, indiquant qu'un tel couloir humanitaire serait la porte ouverte à une intervention étrangère. »