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Venezuela : l'aide humanitaire de la discorde

Venezuela : l'aide humanitaire de la discorde
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REUTERS/Carlos Garcia Rawlins
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L'opposant Juan Guaido a quitté Caracas jeudi pour se rendre avec des partisans à la frontière avec la Colombie pour tenter de faire entrer au Venezuela l'aide humanitaire envoyée par les Etats-Unis et bloquée par l'armée fidèle au président Nicolas Maduro.

"C'est confirmé, il est en route", a indiqué à l'AFP un collaborateur de l'opposant, qui a choisi de parcourir par la route les 900 kilomètres séparant la capitale de la frontière avec la Colombie.

Une caravane d'une dizaine de véhicules a quitté Caracas, ont constaté des journalistes de l'AFP, sans pouvoir dire si M. Guaido se trouvait précisément dans ce convoi.

Un autre convoi composé de plusieurs autocars a quitté Caracas avec à son bord de nombreux députés d'opposition. Il a été brièvement intercepté sur la route. "Nous savons que le régime va dresser tous les obstacles possibles pour nous empêcher d'arriver à la frontière. Mais rien ne va nous retenir, nous allons continuer d'avancer", a déclaré la députée Yanet Fermin.

Mercredi, Nicolas Maduro avait une nouvelle fois dénoncé un "show" politique et répété que le président américain Donald Trump projetait une intervention militaire pour le renverser. "Ils ont inventé une supposée aide humanitaire de nourriture pourrie, cancérigène et veulent la faire entrer par la force", a-t-il accusé.

En riposte, le gouvernement, qui nie toute crise humanitaire dans le pays, a annoncé jeudi l'envoi d'environ 20 000 caisses de vivres à destination de la population de la ville colombienne de Cucuta, transportées par une dizaine de camions. C'est dans cette ville qu'est entreposée depuis le 7 février le gros de l'aide d'urgence envoyée par les Etats-Unis.

Reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, Juan Guaido prévoit que des brigades de volontaires se rendent samedi en "caravanes" en différents points de l'Etat de Tachira (ouest), frontalier avec la Colombie, et celui de Bolivar (sud), frontalier avec le Brésil, où de l'aide d'urgence doit également être stockée.

"L'aide humanitaire entrera quoi qu'il arrive, par mer, par terre", a réaffirmé le chef de file de l'opposition, qui a choisi pour l'entrée de l'aide la date symbolique du 23 février, un mois tout juste après s'être proclamé président par intérim du pays.

De son côté, l'ONG Amnesty International a appelé Nicolas Maduro à reconnaître la gravité de la crise socio-économique qui frappe le pays et à autoriser l'entrée de l'aide humanitaire. Elle a toutefois mis en garde contre l'utilisation des besoins de la population "comme outil de négociation politique".