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Mariano Rajoy témoigne au procès des séparatistes

Mariano Rajoy témoigne au procès des séparatistes
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Mariano Rajoy était entendu mercredi par le Tribunal suprême de Madrid, où se tient le procès fleuve de 12 séparatistes catalans accusés de sédition. Ayant été l'un des principaux acteurs de la crise traversée par l’État espagnol fin 2017, il était le témoin le plus attendu.

Premier ministre de l'Espagne lors de la tentative de sécession qui a suivi le référendum d'autodétermination du 1er octobre 2017 en Catalogne, le jeune retraité a pris des airs d'accusé quand il a dû justifier son choix de déclencher l'article 155 et appliquer pour la première fois de l'Histoire du pays la mise sous tutelle de la Catalogne.

"Ces 6 et 7 septembre (date de la convocation du référendum catalan ndlr) resteront dans l'Histoire de notre pays. Quand les droits des députés de l'opposition ont été violés. Quand on a littéralement liquidé la législation en vigueur, la constitution espagnole et le statut d'autonomie de la Catalogne, qui ont été remplacés par une loi appelée la loi de transition juridique. Vous comprenez bien qu'aucun chef de gouvernement ne peut regarder ailleurs quand se produisent des situations de la sorte", a plaidé l'ancien Premier ministre conservateur qui a cédé le pouvoir après un vote de défiance l'an dernier.

Entendu en qualité de témoin, Mariano Rajoy a en effet dû s'adonner à un exercice périlleux afin de prouver, d'une part, qu'il avait été assez ferme avec les indépendantistes, et d'une autre, qu'il avait des raisons de mettre la Catalogne sous tutelle. Il était cité à comparaître par le parti d'extrême droite Vox, dont un représentant joue le rôle de défenseur de l'intérêt public à deux mois des élections législatives anticipées.

"L'Espagne, c'est ce que veulent les Espagnols"

Mariano Rajoy a profité de l'audience pour accuser de nouveau les dirigeants indépendantistes Artur Mas et Carles Puigdemont d'avoir refusé de consulter le Parlement espagnol et prendre la voir d'un référendum constitutionnel.

"L'Espagne, c'est ce que veulent les Espagnols et non une partie des Espagnols", a-t-il résumé entre les deux rangées d'avocats et face aux juges du Tribunal suprême.

"Moi, je considère qu'aucun président de gouvernement d'aucun pays, et dans le cas présent d'une démocratie avérée comme l'Espagne, ne peut accepter que quelqu'un essaye de liquider la législation. C'est ce qui est arrivé. Du point de vue démocratique, ce fût lamentable", a-t-il ajouté en se posant en défenseur de la souveraineté de l'Espagne.

Le Tribunal suprême, qui siège depuis le 12 février, a décidé d'accélérer le calendrier des audiences afin de les terminer avant les élections législatives anticipées du 28 avril. La sentence n'est pas attendue avant l'été.

L'ancien président du gouvernement régional, Carles Puigdemont, échappe au jugement, car il est exilé en Belgique. Son adjoint de l'époque Oriol Jungueras, est au cœur du procès. Il risque jusque 12 ans de prison.