Outre la France et le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon ont condamné jeudi les attaques iraniennes des infrastructures énergétiques dans le Golfe et se sont dits "prêts à contribuer aux efforts nécessaires pour garantir la sécurité du passage dans le détroit".
Six grandes puissances internationales se sont dites prêtes ce jeudi "à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz".
"Nous saluons l'engagement des nations qui participent à la planification préparatoire", a déclaré le groupe – qui comprend également l'Italie et les Pays-Bas – dans un communiqué commun, tout en condamnant "avec la plus grande fermeté les récentes attaques menées par l'Iran contre des navires commerciaux non armés dans le Golfe".
"La liberté de navigation est un principe fondamental du droit international, notamment en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer", est-il précisé.
Cette déclaration intervient alors qu'un blocus iranien du détroit paralyse le trafic maritime commercial à travers ce goulet d'étranglement crucial, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
La guerre, qui a éclaté le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à bombarder l’Iran, a conduit Téhéran à riposter par des frappes dans toute la région du Golfe. 23 navires commerciaux, dont 10 pétroliers, ont signalé avoir été attaqués ou avoir subi des incidents.
Selon l'Organisation maritime internationale, environ 20 000 marins sont actuellement bloqués à bord d'environ 3 200 navires à l'ouest du détroit.
Le président américain Donald Trump a exhorté les autres puissances mondiales, ainsi que l'OTAN, à aider à rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation commerciale, mais celles-ci ont rejeté son appel à court terme tout en affirmant rester ouvertes aux discussions et à la planification.
Intensification des attaques contre des sites énergétiques
L'Iran a intensifié ses frappes sur les principales installations énergétiques du Golfe, suscitant jeudi de vives mises en garde de la part des États arabes de la région, qui ont qualifié cette escalade de dangereuse, menaçant de les entraîner dans un combat direct avec Téhéran.
Mercredi, en réponse à une attaque israélienne sur South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde partagé entre l'Iran et le Qatar, Téhéran a lancé des frappes de représailles sur le plus grand champ gazier du Qatar voisin, Ras Laffan, causant selon Doha des "dommages significatifs" et provoquant une rupture diplomatique entre les deux pays.
Le Qatar a déclaré les attachés militaires et de sécurité de l'ambassade iranienne persona non grata après l'attaque et, dans ses premières réactions, a déclaré que les dommages étaient encore en cours d'évaluation.
Ces frappes interviennent après qu'Israël a tué le ministre iranien du Renseignement et attaqué le plus grand gisement de gaz naturel au monde en Iran, alors que la guerre accentue la pression sur l'épine dorsale de l'économie de la région, les combustibles fossiles.
Le Qatar, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont tous dénoncé les attaques iraniennes visant leurs champs de gaz naturel. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan Al Saoud, a déclaré que les attaques contre le royaume signifiaient que "le peu de confiance qui existait auparavant a été complètement brisé".
Les mesures que les États arabes du Golfe pourraient prendre sur le plan militaire restent pour l'heure inconnues, alors que ces États ont cherché à ne pas entrer en guerre aux côtés des États-Unis et d'Israël.
Si Israël n'a pas revendiqué l'attaque du champ gazier de South Pars, le ministre de la Défense, Israël Katz, a promis d'autres "surprises" après avoir annoncé la mort du ministre iranien du Renseignement, Esmail Khatib, lors d'une précédente frappe aérienne, alors qu'il s'efforce de décapiter les dirigeants de Téhéran.
L'Iran a condamné la frappe sur South Pars, le président iranien Masoud Pezeshkian mettant en garde contre des "conséquences incontrôlables" qui "pourraient engloutir le monde entier".
Donald Trump, a lui indiqué qu'Israël était en effet derrière l'attaque, qui, selon lui, découle de la "colère pour ce qui s'est passé au Moyen-Orient", a frappé une "section relativement petite" du champ.
Dans un message publié sur Truth Social, le président américain a rapidement nié toute implication ou connaissance préalable de l'attaque de la part des États-Unis.
"Les États-Unis ne savaient rien de cette attaque particulière, et le Qatar n'était en aucun cas impliqué, ni n'avait la moindre idée que cela allait se produire", a-t-il écrit.
Donald Trump a condamné les frappes sur les infrastructures énergétiques du Qatar, les qualifiant d'"injustifiables" et d'"injustes".
Il s'est également engagé à ce que "PLUS AUCUNE ATTAQUE NE SOIT MENÉE PAR ISRAËL en ce qui concerne le champ de South Pars, qui est extrêmement important et précieux".
Le président américain a également ordonné à l'Iran de mettre fin à ses attaques contre les installations énergétiques régionales, sous peine de subir les foudres de l'armée américaine, ce qui, a-t-il promis, causerait des dommages ayant des "implications à long terme".
"Les États-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, feront massivement exploser l'intégralité du champ gazier de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ou constatées auparavant", a-t-il écrit.
"Je ne veux pas autoriser ce niveau de violence et de destruction en raison des implications à long terme qu'il aura sur l'avenir de l'Iran, mais si le GNL du Qatar est à nouveau attaqué, je n'hésiterai pas à le faire".
Ces attaques ne font qu'exacerber la crise mondiale des prix du pétrole, alors que les exportations d'énergie continuent d'être bloquées par Téhéran, qui maintient fermé le crucial détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole et du gaz mondial.
Avant l'attaque, le prix du baril de Brent oscillait autour de 100 dollars, déjà en hausse de 40 % par rapport à avant-guerre. Après les attaques contre les champs énergétiques de l'Iran et du Qatar, le prix a grimpé jusqu'à 108 dollars le baril.
Israël touché par des missiles iraniens, le Liban sous le feu de son voisin
Alors que les États-Unis et Israël continuent de frapper l'Iran quotidiennement, les autorités iraniennes ont indiqué que près de 1 450 personnes ont été tuées à ce jour et que plus de 18 500 autres ont été blessées.
En parallèle, les attaques israéliennes s'intensifient au Liban. L'armée israélienne dit y cibler des membres du Hezbollah, groupe soutenu par l'Iran. Le ministère libanais de la santé a annoncé que les frappes de son voisin du sud avaient tué 912 personnes.
En Israël, 17 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre le 28 février et près de 4 000 personnes ont été blessées. Dans les États du Golfe, les attaques ont 21 morts. Le nombre de morts amércains s'élève lui à 13, tous membres des forces armées.