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France-Algérie : retour en images sur une longue histoire tourmentée

Les présidents français et algérien à Tlemcen (Algérie), le 20/12/2012
Les présidents français et algérien à Tlemcen (Algérie), le 20/12/2012 -
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AFP PHOTO / POOL / BERTRAND LANGLOIS
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C'était le 27 février dernier à Paris.Le porte-parole du gouvernement français était interrogé sur la perspective d'une 5ème candidature d'Abdelaziz Bouteflika.

C'est au peuple algérien qu'il revient de choisir ses dirigeants, de décider de son avenir, et cela, dans la paix et la sécurité. Vous le savez, c'est un pays ami, c'est un partenaire important auquel nous rattachent des liens d'une exceptionnelle densité qui sont le fruit de l'histoire.
Benjamin Griveaux
porte-parole du gouvernement français

Une histoire marquée par plus d'un siècle de colonisation, puis la guerre d'indépendance à partir de 1954.

Ce conflit aura fait près de 300 000 morts, et laissé de nombreuses séquelles de part et d'autres de la Méditerranée.

AFP
Manifestation à Alger le 26 mai 1958AFP

Huit ans de guerre qui s'achèvent en 1962 par les accords d'Evian, puis l'indépendance de l'Algérie.

AFP
La foule acclame le secrétaire général du FLN Ahmed Ben Bella et brandit un portrait de lui pour l'accueillir à son arrivée à Alger le 04 août 1962. L'Algérie a proclamé son indépendance après la signature des accords d'Evian le 18 mars 1962 et leur ratification par référendum en France puis en Algérie le 1er juillet 1962.AFP

Cette page d'histoire douloureuse hantera longtemps les relations entre Paris et Alger.

La lente normalisation

Il faudra attendre 1999 pour que la France reconnaisse qu'il y a bien eu "une guerre" en Algérie, et non pas seulement des "événements". Jacques Chirac est alors président français et Abdelaziz Bouteflika vient d'être élu à la tête de l'Algérie. L'heure est aux visites d’État. A Paris et à Alger, on vante un "partenariat d'exception".

PATRICK KOVARIK / AFP
Jacques Chirac et Abdelaziz Bouteflika à Alger, le 04/03/2003PATRICK KOVARIK / AFP

Mais le poids de l'histoire revient plomber les relations franco-algériennes. En cause, la loi qui, en 2005, reconnaît "le rôle positif" de la colonisation. Une loi modifiée un an plus tard. Reste que cela assombrit les relations de part et d'autres de la Méditerranée.

\>« Paris-Alger, le retour du passé », article publié en février 2010 dans le JDD

PATRICK KOVARIK / POOL / AFP
Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika à Alger le 10/07/2007PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

Décrispation avec l'arrivée au pouvoir de François Hollande en 2012. Le chef de l’État français effectue deux visites à Alger en moins de trois ans. Objectif des autorités françaises : relancer les échanges économiques avec un partenaire essentiel, et conforter un allié stratégique dans une région instable.

Et quand en 2013, Abdelaziz Bouteflika est victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC), c'est à l’hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce qu'il est transféré.

Depuis, les relations franco-algériennes se poursuivent, presque comme si de rien n'était. Sauf que c'est le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia qui pose pour les photos aux côtés des dirigeants français.

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Le président français Emmanuel Macron accueille à PAris le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, le 29/05/2018Ludovic MARIN / AFP

Paris suit de près la situation actuelle

Emmanuel Macron souhaitait poursuivre la normalisation des relations engagée par son prédécesseur. Aujourd'hui, il suit de près ce qui se déroule à Alger. Un exercice périlleux, résumé par un spécialiste : si la France dit quelque chose sur l'Algérie, cela lui sera reproché; si elle ne dit, cela lui sera aussi reproché.

Pour aller plus loin

\>Les relations bilatérales franco-algérienne, présentation faite par le ministère français des Affaires étrangères

\>« France-Algérie: 50 ans d'une relation compliquée », article publié en 2012 dans L'Express

\>« Diasporas : Je t’aime moi non plus », dossier paru en mars 2010 dans Jeune Afrique