Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Tuerie du musée juif de Bruxelles : Nemmouche condamné à la prison à vie

Tuerie du musée juif de Bruxelles : Nemmouche condamné à la prison à vie
Tous droits réservés
REUTERS/Yves Capelle
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

Mehdi Nemmouche a été condamné dans la nuit de lundi à mardi aux assises de Bruxelles à la réclusion à perpétuité pour les quatre "assassinats terroristes" commis en 2014 au musée juif de la capitale belge.

Le djihadiste français, à l'époque tout juste revenu de Syrie, a été reconnu coupable d'avoir abattu de sang-froid, le 24 mai 2014, un couple de touristes israéliens Miriam et Emmanuel Riva, 53 et 54 ans, ainsi qu'un employé belge de 26 ans, Alexandre Strens, et une bénévole française de 66 ans, Dominique Sabrier.

Ce verdict, uniquement susceptible d'un pourvoi en cassation sous 15 jours, prononcé après huit heures de délibérations, est conforme aux réquisitions de l'avocat général, Yves Moreau, qui avait dénoncé le caractère "psychopathe" du jihadiste français lors de son réquisitoire.

Dans ses motivations, la cour d'assises a fustigé l'"absence absolue de regrets" de Mehdi Nemmouche à l'égard des victimes, dont "il n'a jamais parlé" et "n'a pas hésité a salir la mémoire pour le seul besoin d'accréditer son prétendu piège".

L'accusé, qui niait les faits, a affirmé lors du procès avoir été "piégé". Son avocat Me Sébastien Courtoy a soutenu la thèse d'une tuerie ciblant des "agents du Mossad" (les services secrets israéliens), organisée par de supposés agents des services libanais ou iraniens, ce qui n'a été étayé par aucune élément concret.

L'"antisémitisme marqué" de Nemmouche

"M. Nemmouche, vous n'êtes qu'un lâche, vous tuez des gens en leur tirant dessus par derrière, vous tuez des dames âgées en leur tirant dessus à l'arme de guerre, vous tuez car cela vous fait plaisir de tuer", avait lancé dans la matinée Yves Moreau à l'accusé, mettant en avant "son absence totale de compassion pour ses victimes".

La cour a repris des mots similaires dans un verdict cinglant, pointant du doigt l'"antisémitisme marqué" de Nemmouche, qui s'est radicalisé en prison, et le "haut risque de récidive".

Nacer Bendrer condamné à 15 ans de réclusion

Une peine de 15 ans de réclusion a par ailleurs été prononcée contre Nacer Bendrer, désigné jeudi dernier "coauteur" de la tuerie pour avoir fourni les armes de la tuerie. Un complice "immature, impulsif, irréfléchi", mais dont "les regrets paraissent sincères" selon la cour. Le parquet réclamait 30 ans de réclusion.

Ses avocats plaidaient pour la moitié seulement, pour un homme "qui n'a tiré sur personne". "J'ai vraiment honte d'avoir croisé ce mec", a affirmé lundi ce délinquant marseillais, qui avait connu Nemmouche en prison il y a dix ans. "C'est un monstre, un fils de pute né", a-t-il ajouté.

Mehdi Nemmouche, 33 ans, et Nacer Bendrer, 30 ans, purgeront leurs peines en France.

Premier attentat commis en Europe par un combattant de retour de Syrie

Ce verdict de culpabilité a retenu les preuves de l'enquête accablant l'accusé principal, comme son ADN ou ses empreintes sur les armes, ou encore les vidéos de revendication.

Il s'agit, selon l'accusation, du premier attentat commis en Europe par un combattant de retour de Syrie, dix-huit mois avant le sanglant 13 novembre 2015 (130 morts à Paris) revendiqué par le groupe Etat islamique.

Nemmouche, natif de Roubaix (nord de la France), avait été arrêté à Marseille (sud) le 30 mai 2014, six jours après la tuerie, en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d'assaut de type Kalachnikov.