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"Dans les limbes" : les Britanniques de France las du feuilleton Brexit

"Dans les limbes" : les Britanniques de France las du feuilleton Brexit
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Derrière le comptoir encombré de scones de son café, dans le village français d’Eymet, Adrian Cattermole se fait l‘écho de la lassitude de nombreux Britanniques expatriés après le nouveau rejet de l’accord de divorce négocié avec l’UE par les députés de Westminster.

A presque deux semaines jours de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, prévue le 29 mars, ils sont nombreux à suivre le feuilleton du Brexit avec une anxiété mêlée de résignation dans ce village de Dordogne (sud-ouest).

Adrian Cattermole n’est “pas surpris” du nouveau rejet, mais souligne être “simplement stupéfait que cette affaire dure depuis si longtemps et que la Première ministre Theresa May n’ait pas réalisé que cela ne marcherait pas”.

Il n’a pas pour autant cédé à la panique en demandant un permis de résident permanent en France, contrairement à de nombreux compatriotes établis en Dordogne, terre d’accueil de nombreux retraités et touristes britanniques depuis des décennies.

Autre sujet de préoccupation pour les expatriés d’outre-Manche – sans doute le principal : le taux de change. “La seule chose qui préoccupe les gens ici à Eymet est vraiment le taux de change, car s’il s’effondrait sous l’effet d’un Brexit dur, l’argent transféré de la Grande-Bretagne, les retraites, seraient sérieusement affectés”, explique-t-il.

Née il y a 60 ans en Ecosse, installée en Dordogne il y a six ans avec son mari, un ex-banquier, Maggie Bradford se sent impuissante : “Comment pouvez-vous faire quelque chose si vous ne savez pas quel en sera le résultat? Nous vivons tous dans les limbes !” déplore l‘élégante propriétaire d’une maison d’hôtes, ou plutôt d’un “Bed and Breakfast”.

“Il y a tellement de rumeurs qui circulent…” confie Mme Bradford, qui espère toujours un deuxième référendum qui annulerait le résultat du premier, en juin 2016, favorable au Brexit.

- L’Europe ‘comme mode de vie’ –

La plupart des quelque 150.000 résidents britanniques recensés en 2017 par l’Institut français de statistiques sont concentrés dans le sud-ouest du pays, attirés par les prix bas de l’immobilier et un climat semi-océanique aux hivers doux.

Ils ont contribué ainsi à la revitalisation de certaines zones rurales même si, localement, l’afflux d‘étrangers a pu déranger des habitants.

Les résidents de longue date à Eymet veulent absolument pouvoir rester dans ce village de maisons à colombages, devenu le leur.

“Nous ne craignons pas que le gouvernement français soit vindicatif”, déclare M. Cattermole. “Nous sommes tous assez confiants sur le fait que nous pourrons rester et vivre nos vies comme nous l’avons fait, en profitant de la fantastique culture, du vin et du soleil de la France alors que la Grande-Bretagne s’enfonce lentement dans le désastre économique”.

En cas de retrait de la Grande-Bretagne de l’UE sans accord, le gouvernement français pourrait garantir par décret le droit des Britanniques de rester en France – à condition que le Royaume-Uni lui rende la pareille.

Certains Britanniques ont même anticipé un déménagement prévu à plus longue échéance dans l’Hexagone, soucieux d’éviter des difficultés post-Brexit, comme James McConnell, 33 ans, et sa fiancée Maura McGuirk.

A l’instar de nombreux compatriotes vivant dans des pays européens, le couple s’est senti obligé de choisir entre la Grande-Bretagne et l’Europe. “Nous ne connaissons que l’Europe. Nous ne connaissons pas d’autre mode de vie. C’est quelque chose que nous prenons pour acquis et il est difficile de s’en faire priver”, explique Maura McGuirk, dans l’ombre du château du XIIIe siècle d’Eymet.

Tous deux ont quitté leur travail dans le secteur de la restauration à Londres et prévoient d’apprendre le français, d’ouvrir une maison d’hôtes et, à terme, d’obtenir la citoyenneté française. “Si nous devons choisir entre être britanniques ou français, nous choisissons d‘être français”, tranche James, originaire du Suffolk (sud-est de l’Angleterre).

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