Bloody Sunday : un vétéran britannique poursuivi pour meurtres

Bloody Sunday : un vétéran britannique poursuivi pour meurtres
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Le Bloody Sunday continue de traumatiser la Grande Bretagne. Le 30 janvier 1972, 13 militants catholiques irlandais avaient été tués à Derry, en Irlande du Nord par un régiment de parachutistes britanniques alors qu'ils manifestaient pacifiquement.

47 ans plus tard, la justice nord irlandaise a annoncé des poursuites pour meurtres contre un vétéran britannique. "Je suis tout à fait conscient que le chemin parcouru par les familles a été long et qu'aujourd'hui, ce sera une nouvelle épreuve pour beaucoup d’entre elles, a affirmé Stephen Herron, le directeur des poursuites pénales. En tant que procureurs, nous abordons nos responsabilités avec impartialité, mais nous avons de la compassion pour toutes les personnes touchées par nos décisions."

Les familles de victimes mécontentes

Une décision jugée insuffisante pour les familles de victimes. Les 16 autres soldats britanniques impliqués dans le Bloody Sunday n'ont pas été poursuivis. Les preuves sont jugées insuffisantes.

"Retirer aux personnes leurs droits fondamentaux, c'est défier leur humanité, déclarait Nelson Mandela, raconte John Kelly, le frère d'une victime décédée à 17 ans. Nous avons tous parcouru un long chemin depuis que nos pères et nos frères ont été brutalement massacrés dans les rues de Derry lors du Bloody Sunday. Au fil du temps, tous les parents des défunts sont décédés. Nous sommes ici pour prendre leur place."

Le soldat inculpé bénéficiera du soutien du gouvernement britannique, qui prendra en charge ses frais de justice. Pour le ministre de la défense, les vétérans ne peuvent pas vivre dans la peur constante d'être poursuivis.

Des tensions encore palpables

Aujourd'hui, plus de scènes de guérilla urbaine dans les rues en Irlande du Nord mais des tensions persistent. L'IRA, l'armée républicaine irlandaise, a officiellement déposé les armes en 2005, mais des groupes dissidents agissent toujours.

En janvier, une voiture piégée avait explosé à Derry, la police soupçonnant le groupe dissident "nouvelle IRA". Un groupe se présentant comme l'Armée républicaine irlandaise (IRA) a en outre revendiqué la responsabilité de colis suspects retrouvés à Londres et en Ecosse la semaine dernière.