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A 70 ans, le train Aulas fonce toujours à vive allure

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"Une locomotive!" lance l'ancien secrétaire d'Etat aux Sports Thierry Braillard au sujet de Jean-Michel Aulas, 70 ans ce vendredi. Dont 32 à la tête de l'OL, place forte du football érigée par ce fonceur, qui sort parfois des rails dans sa com'.

. "Venu par accident"

"Il est venu par accident à l'Olympique lyonnais. Il était déjà un entrepreneur hors-pair avec la Cegid (son entreprise de logiciels de gestion). Sa passion du football est venue à partir du moment où il a repris le club", poursuit M. Braillard, également ancien adjoint aux sports de la Ville de Lyon.

"On ne peut être qu'admiratif de tout ce qu'il a conduit dans le monde du football professionnel, dans l'organisation de l'OL, le développement du football féminin et la construction du grand stade", poursuit-il.

Président de l'équipe de hockey sur glace des Lions de Lyon, dont l'OL a été sponsor durant deux ans, Sébastien Berthet se dit lui frappé "par sa connaissance des dossiers et sa maîtrise totale dans tout ce qu'il fait". "Et contrairement à l'image qu'il donne, il est sympathique et passionné de tous les sports".

Un autre Aulas, loin des déclarations incendiaires, loin du sniper des réseaux sociaux. "Sur Twitter je joue mon rôle de président, avait-il confié. Cela signifie défendre l'équipe, protéger les supporters et parfois remettre à leur place ceux qui m'insultent".

En dehors des arbitres, cibles récurrentes, un de ses meilleurs ennemis fut Vincent Labrune, ancien président de l'OM, qu'il qualifia un jour de "guignol". Un sale ping-pong s'ensuivit ("irresponsable", "pitre", "vieux lion"...).

Contacté par l'AFP, Labrune n'a pas voulu s'épancher, ayant tourné la page du foot.

. De l'artisanal à l'international

Aulas se décrit comme "un modeste président d'un club de province". Il n'en est rien: 32 ans après son arrivée à la tête de l'Olympique lyonnais, on peine à imaginer l'état du club rhodanien à l'époque.

Un statut associatif, 3 millions d'euros de budget, trois salariés hors joueurs, un stade de Gerland municipal de 45.000 places avec des virages éloignés de la pelouse, un terrain d'entraînement engazonné et un autre en stabilisé, des vestiaires en préfabriqués... et une vespasienne pour ranger le matériel et les ballons.

Les joueurs avaient également des tenues dépareillées pour s'entraîner. Aujourd'hui, l'Olympique lyonnais a élu domicile à Décines-Charpieu, à 26 kilomètres du centre de Lyon dans un centre technique ultra moderne au pied d'un Groupama Stadium construit sur fonds privés de 59.000 places.

"Il dit, il fait, il est dans l'action", témoigne encore Thierry Braillard.

Et ce n'est pas une légende de dire qu'il est épuisant de travailler aux côtés de ce dirigeant omniprésent. Pointilleux. Au point de réveiller un cadre supérieur du club un dimanche matin à 7H00 pour se plaindre de l'absence sur le site internet du club d'un résultat obtenu la veille par l'équipe réserve...

. "Personne ne l'a fait en France"

Pour autant, Aulas garde un côté paternaliste avec joueurs et joueuses.

"Je l'ai trouvé très humain et proche des joueurs malgré ses ambitions de vouloir faire de Lyon un grand club européen", confie l'ancien défenseur Patrice Cabanel, l'une des premières recrues de JMA en 1987.

Le club où il a joué jusqu'en 1989, végétait en 2e division depuis quatre ans. "Nous nous disions qu'il faudrait déjà remonter en D1 avant de penser Europe mais ses objectifs correspondaient à cette grande ville où il fallait un grand club", poursuit Cabanel (54 ans), aujourd'hui directeur administratif de l'AS Béziers (L2).

"J'avais été impressionné par sa prestance. Il était quelqu'un sûr de ses ambitions et de ses choix", relève pour sa part l'ancien milieu Philippe Violeau, recruté en 1997 et reparti en 2003 avec deux titres de champion et une coupe de la Ligue (2001).

C'était à l'époque où l'OL allait s'engager en coupe Intertoto pour débuter un bail de 22 ans ininterrompus sur la scène européenne.

"Nous n'avions pas l'image qu'il reflète à l'extérieur. Il savait mettre les joueurs en confiance avec des mots au bon moment pour atteindre les objectifs, pour que nous ayons envie de lui faire plaisir et gagner les matches", poursuit Violeau (48 ans), aujourd'hui conseiller en patrimoine.

"C'est sa personne qui fait que l'OL en est là où il se trouve. Personne ne l'a fait en France et je ne sais pas si on le fera de nouveau. L'évolution du club est magnifique avec un outil phénoménal et indispensable", conclut l'ancien joueur.

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