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Massacre Peul : deux gestes forts du gouvernement malien

Massacre Peul : deux gestes forts du gouvernement malien
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Deux gestes forts du gouvernement malien après le massacre d'au moins 134 habitants dans un village Peul du centre du pays : les chefs d'état-major ont été limogés et une milice dissoute.

Une délégation gouvernementale conduite par le ministre de la Justice, Tiéna Coulibaly, s'est rendue ce dimanche sur les lieux de la tuerie. Elle a été envoyée par le président Keïta pour "dire aux populations du village d'Ogossagou que ce qui s'est passé ici est inacceptable, que ce qui s'est passé ne restera pas impuni".

C'est l'attaque la plus meurtrière qu'ait connue le Mali depuis au moins six ans. Selon des sources concordantes, c'est une milice d'auto-défense Dogon, "Dan Nan Ambassagou", qui l'aurait perpétrée.

Le gouvernement malien a donc décidé de la dissoudre "pour dire clairement aux uns et aux autres que la protection des populations restera le monopole de l'Etat".

Le gouvernement a également annoncé le remplacement des chefs d'état-major des armées, de l'armée de Terre et de l'armée de l'Air.

Ces limogeages au sommet de la hiérarchie militaire interviennent aussi à cause d'une attaque djihadiste contre un camp de l'armée à Dioura, au cours de laquelle 26 soldats ont péri le 17 mars dernier. Une attaque revendiquée par la principale alliance djihadiste du Sahel liée à al-Qaïda qui l'a justifiée par, je cite, "de précédents crimes odieux commis par les forces de Bamako et les milices contre nos frères peuls".

Un autre village Peul avait en effet été attaqué début janvier et 37 personnes avaient été tuées. Le président Keïta s'était rendu sur les lieux.

La France a "salué l'engagement du gouvernement malien à dissoudre les milices qui alimentent la terreur dans cette région ."

L’attaque de samedi a eu lieu en pleine visite d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU au Sahel.

Contexte

Comme l'explique cet extrait d'un article du journal Libération, "depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres «groupes d’autodéfense». Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les djihadistes, par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement."