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Algérie: le général Gaïd Salah, personnage clé et ancien fidèle

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Le général Ahmed Gaïd Salah, qui avait demandé mardi la mise à l'écart "immédiate" d'Abdelaziz Bouteflika, a longtemps été un fidèle soutien du président démissionnaire, qui en a fait le chef d'état-major de l'armée et un des hommes les plus puissants du pays.

Né en 1940 dans la région de Batna (300 km au sud-est d'Alger), le jeune homme rejoint à 17 ans les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN), qui combat alors l'armée coloniale française.

A l'indépendance de l'Algérie en 1962, il intègre les rangs de l'armée, passe par une académie militaire soviétique et gravit les échelons.

Il commande successivement plusieurs régions militaires, avant d'être nommé en 1994 chef d'état-major des Forces terrestres, en pleine guerre civile (1992-2002) entre l'armée algérienne et une guérilla islamiste.

En 2004, tout juste réélu, le président Bouteflika souhaite remplacer le chef d'état-major, le général Mohamed Lamari, qui paie avec une partie du haut commandement militaire le fait de s'être opposé à un 2e mandat du chef de l'Etat.

Il choisit pour cela le général Ahmed Gaïd Salah et le nomme chef d'état-major de l'armée. Il l'est toujours 15 ans après, un record.

Désormais redevable, le général Gaïd Salah devient un fidèle soutien de M. Bouteflika, qui lui donne les moyens de moderniser l'armée.

- "Garante" de la stabilité -

De retour de Paris en juillet 2013, où il a passé 80 jours hospitalisé en raison d'un AVC qui l'a considérablement affaibli, M. Bouteflika --ministre de la Défense en titre et chef suprême des Armées selon la Constitution-- fait également du chef d'état-major son vice-ministre de la Défense.

Un titre ministériel acquis, affirment certains observateurs, en échange de son soutien --contre une partie de l'appareil sécuritaire qui s'y oppose-- au 4e mandat que brigue le président en 2014.

Le général Gaid Salah soutient également M. Bouteflika quand il s'attaque au Département du renseignement et de la sécurité (DRS), puissant service de renseignement dépendant de l'armée, et à son non moins puissant chef, le général Mohamed Médiène dit "Toufik", finalement mis à la retraite en 2015.

En 2019, alors que les Algériens sortent massivement dans les rues pour protester contre la candidature de M. Bouteflika à un 5e mandat, le général Gaïd Salah déclare d'abord que l'armée demeurera "la garante" de la stabilité face à ceux "qui veulent ramener" l'Algérie aux années de guerre civile (1992-2002).

Ce fidèle de M. Bouteflika, dont il avait ces derniers mois soutenu publiquement la candidature de M. Bouteflika à un 5e mandat, adopte ensuite un discours plus conciliant et annonce que l'armée "partage" avec le peuple "les mêmes valeurs et principes".

Son soutien au chef de l'Etat se fait alors de plus en plus mesuré.

- "Entêtement" -

Le 26 mars, il fait une annonce surprise en prônant le lancement de la procédure prévue par l'article 102 de la Constitution, applicable quand le président de la République "pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions" ou en cas de démission.

Moins d'une semaine après cette annonce, la présidence de la République déclare que M. Bouteflika démissionnera avant l'expiration de son mandat, le 28 avril.

Mardi, quelques heures à peine avant l'annonce de la démission du chef de l'Etat, le général Gaïd Salah avait remis en cause l'autorité de la présidence, sans qu'il soit possible de dresser un lien de cause à effet.

Il avait aussi fustigé "l'entêtement, la tergiversation et la sournoiserie de certains individus qui oeuvrent à faire perdurer la crise et la rendre plus complexe", dans ce qui semble être une attaque contre l'entourage du président désormais démissionnaire.

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