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1er débat des élections européennes en France : pas de quoi donner envie

1er débat des élections européennes en France : pas de quoi donner envie
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Le premier débat télévisé réunissant les 12 têtes de listes françaises pour les élections européennes, qui s'est tenu jeudi soir sur la chaîne publique France 2, ressemblait plus à une cour de récréation qu'à une exposition des principaux avis et idées des candidats. Les plus de trois heures d'émission, au lieu des deux prévues, n'ont même pas suffi à faire le tri car le bazar était quasi-permanent. Il n'y avait donc pas de quoi atténuer le désamour d'une majorité de Français pour l'Europe qui vient encore de s'exprimer dans une récente étude d'opinion.

Un sondage Odoxa montre en effet que seulement 29% des habitants de l'Hexagone voient la construction européenne comme une réussite. Au début des années 2000, ils étaient environ 60%. Dans le débat à la télévision, la plupart des intervenants se sont justement livré à une critique en règle de l'Union européenne. Parmi les quelques défenseurs de l'UE, c'est sans doute le centriste Jean-Christophe Lagarde, de l'UDI, qui s'est montré le plus offensif : "Je refuse de placer des douaniers sur le pont de Kehl à Strasbourg, contrairement à M. Wauquiez et Mme Le Pen", a-t-il notamment lancé.

Les deux favoris, Nathalie Loiseau, de La République en marche, et Jordan Bardella, du Rassemblement national :

Les revendications des "gilets jaunes" absentes

Le pouvoir d'achat arrive en première place parmi les préoccupations des Français : selon le sondage, ils sont 36% à souhaiter que le sujet soit largement évoqué au cours de la campagne des européennes, ainsi que l'immigration qui, pour 27% d'entre eux, est la deuxième inquiétude. On sait que l'extrême-droite européenne mise en permanence sur ce thème des migrants pour engranger des voix. Jeudi soir, Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national, s'y est employé en citant plusieurs fois le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, comme le modèle absolu à suivre en la matière.

Raphaël Glucksmann, qui mène la liste "Place publique", soutenue par le Parti socialiste, a au contraire souligné la détresse des migrants, et il a attaqué le camp présidentiel et la droite Les Républicains : "Ni Nathalie Loiseau, ni François-Xavier Bellamy n'ont dit ce que devrait dire n'importe quel humaniste : on les sauve !", a-t-il lancé. Etonnamment, la révolte des "gilets jaunes" a été très peu évoquée, et par conséquent le pouvoir d'achat qui est la principale revendication des protestataires. Seule Manon Aubry, candidate du parti d'extrême-gauche La France insoumise, a soutenu la proposition d'un référendum d'initiative citoyenne, cher au mouvement "jaune".

Trop d'argent pour les institutions de l'Europe ?

Les souverainistes, Nicolas Dupont-Aignant en tête, ont mis en cause la mauvaise utilisation du budget européen. "On va donner plus à l'Union européenne qu'on donne à notre police, notre gendarmerie", a déploré le chef de file de la liste "L'Europe des projets". Nathalie Loiseau, candidate du parti La République en marche, qui reste l'une des favorites du scrutin européen avec le représentant du Rassemblement national, a tenté de relativiser en affirmant que "l'UE coûte 85 centimes d'euros par jour" à chaque Français, "moins qu'un café", a-t-elle précisé.

Tous les candidats ont joué le jeu proposé par France 2 en amenant un objet qui, selon eux, pourrait caractériser l'Europe. Voici le choix de ceux que nous n'avons pas cité précédemment :

Ian Brossat, du Parti communiste, a présenté un objet discret, le bracelet de naissance d'une petite fille nommée Olympe, afin de soutenir les maternités et les services publics en général qui ferment ou sont menacés de fermeture en France.

Yannick Jadot, Europe Ecologie-Les Verts

Benoît Hamon, Générations

François Asselineau, Union Populaire Républicaine

Florian Philippot, Les Patriotes

Les objets des 7 autres :

Du piment d'Espelette, symbole de "l'Europe qui respecte nos identités", selon Nathalie Loiseau.

Une passoire, symbole d'une Europe "incapable de protéger ses peuples", selon Jordan Bardella.

Une maquette d'un avion Airbus apportée par Nicolas Dupont-Aignan.

Un petit bout du mur de Berlin, la même idée partagée par Jean-Christophe Lagarde et Raphaël Glucksmann.

Le livre d'Homère "L'Illiade et l'Odyssée", censé représenter le "risque communautariste" pour François-Xavier Bellamy.

Enfin, un chèque européen d'une valeur symbolique de "5 milliards d'euros rendus aux riches", selon Manon Aubry.

Mis à part François Asselineau, les candidats se sont engagés, en cas d'élection, à siéger au parlement européen jusqu'à la fin du mandat en 2024, autrement dit à ne briguer aucun autre mandat, y compris présidentiel.

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