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Soudan : Omar el-Béchir destitué par l’armée

Soudan : Omar el-Béchir destitué par l’armée
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REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah/File Photo
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La destitution du président soudanais Omar el-Béchir a été annoncée ce jeudi en début d'après-midi par le ministre de la Défense, confirmant une information qui circulait depuis le matin. Le président Béchir était au pouvoir depuis 29 ans. Cette même source ministérielle a indiqué qu'un "conseil militaire de transition" allait succéder "pendant deux ans" au président destitué par l'armée et que les frontières et l'espace aérien seront fermés jusqu'à nouvel ordre.

Un "coup d’État", déjà rejeté

Les meneurs du mouvement de contestation au Soudan ont rejeté dans l'après-midi ce qu'ils appellent "le coup d’État de l'armée".

"Le régime a mené un coup d'Etat militaire en présentant encore les mêmes visages (...) contre lesquels notre peuple s'est élevé", a indiqué dans un communiqué l'Alliance pour la liberté et le changement. "Nous appelons notre peuple à continuer son sit-in devant le quartier général de l'armée (à Khartoum) et à travers le pays", a-t-elle ajouté.

Le Soudan connaît depuis près de quatre mois des manifestations, dirigées initialement contre une hausse du prix du pain avant de se transformer en contestation du régime d'Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 30 ans.

Quarante-neuf personnes, de sources officielles, ont été tuées depuis le début du mouvement, lancé par l'Association des professionnels soudanais, et des milliers de manifestants ont été arrêtés.

Chronologie des événements

Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais manifestent dans plusieurs villes après la décision gouvernementale de tripler le prix du pain, objet d'une pénurie depuis trois semaines. Dans deux localités, des protestataires incendient le siège du parti au pouvoir.

Ces manifestations coïncident avec le retour après un an d'exil, du leader de l'opposition Sadek al-Mahdi, ancien Premier ministre chassé du pouvoir en 1989 par le coup d'Etat d'Omar el-Béchir.

Le 24, Omar el-Béchir s'exprime pour la première fois, promettant "de vraies réformes".

Le 1er janvier 2019, une vingtaine de formations politiques réclament un changement de régime.

Le 13, des manifestations ont lieu pour la première fois au Darfour (ouest).

Le 14, Béchir déclare que la contestation n'aboutira pas à un changement du pouvoir.

Le 22 février, le chef de l'Etat décrète l'état d'urgence et limoge le gouvernement. Le 24, le nouveau Premier ministre Mohamed Taher Ela prête serment alors que les manifestants réclament toujours le départ du président.

Le 1er mars, M. Béchir remet les rênes du Parti du Congrès National (PCN) à Ahmed Haroun. La contestation, en baisse en raison de l'état d'urgence et des nombreuses arrestations, se poursuit à Khartoum et Omdourman.

Le 6 avril, la mobilisation connaît un net regain avec des manifestants massivement rassemblés pour la première fois devant le quartier général de l'armée à Khartoum.

Le 8, ils demandent l'ouverture de négociations avec l'armée pour former un "gouvernement de transition". Le ministre de la Défense déclare que l'armée ne laissera pas le pays "sombrer dans le chaos". Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres appelle toutes les parties à éviter la violence.

Le 9, les forces de sécurité tirent des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les milliers de protestataires rassemblés pour la quatrième journée consécutive près du QG de l'armée. Mais, selon des témoins, des soldats ont tiré en l'air pour repousser les forces de l'ordre.

Le même jour, la police ordonne à ses forces de ne pas "intervenir" contre la foule et appelle à un "transfert pacifique du pouvoir". Cependant, 11 personnes, dont six membres des forces de sécurité, sont tuées lors de manifestations à Khartoum, selon le porte-parole du gouvernement, sans préciser les circonstances de leur mort.

Le 11 avril, Omar el-Béchir est destitué par l'armée, qui annonce la mise en place d'un "conseil militaire de transition" pour une durée de deux ans et un cessez-le-feu sur tout le territoire.

- avec agences -