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Elections en Espagne : le rôle des primo-votants

Elections en Espagne : le rôle des primo-votants
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Les nouveaux électeurs et les partis politiques récents vont jouer un rôle importants lors des prochaines élections espagnoles. Au total, ce sont plus d'un million de jeunes qui se rendront aux urnes pour la première fois. Des jeunes qui introduisent de nouvelles préoccupations dans le débat politique. Carlos Marlasca, journaliste à euronews est allé à la rencontre d'étudiants espagnols.

"Notre génération s'intéresse énormément à l'égalité entre les sexes, au changement climatique, à la lutte contre la corruption des politiques", explique Béatrice Rodriguez, une étudiante. "Aucun extrême n'est bon. Les gens très extrêmes d'un côté ou de l'autre... c'est ça qui me fait peur", ajoute Cesar Quiaro. "S'il y a plus d'opinions divergentes, par exemple si les partis sont capables de dialoguer et de créer des alliances alors ils pourront représenter une majorité d'électeurs", estime pour sa part Naiara Vega. "Nous devons faire attention aux extrêmes et voir où va la dérive de la société parce qu'en fin de compte, plus il y a de partis et plus la société est divisée," estime Maria Gramund, pour qui "les fake news sont terribles pour toute la société".

Les quatre "I"

Selon les sociologues, la génération dite "Z" est plus active politiquement que celles des dernières décennies grâce notamment à l'accès à l'information. Leurs personnalités sont affirmées et imposent de nouvelles formes de communication politique. Iñaki Ortega, professeur à la Deusto Business School, définit ces jeunes avec quatre 'I'.

"L_e premier : internet. Ils sont nés et se sont sociabilisés avec Internet. Le deuxième : irrévérence, le manque de respect. Ils se soucient très peu du pouvoir établi et de penser le contraire. Le troisième : incertitude. Ils ne savent pas de quoi le futur sera fait. Et le 4e : innovation. Soit ils évoluent, ils bougent, soit ils ne savent pas s'ils auront un avenir devant eux. Ils sont comme le monde dans lequel on vit, liquide, mouvant. Un parti politique vient de la droite ? Super, pourquoi pas. Un parti à gauche met tout le pays sens dessus dessous ? C'est génial. C'est génial. Pourquoi pas ?_"

Davantage de débats

Podemos est l'une des formations politiques qui ont changé le paysage politique espagnol depuis sa création en 2014. Capitalisant sur le mouvement des indignés du 15 mai 2011, Podemos a obtenu 71 députés au Congrès lors des dernières élections. Avec Ciudadanos les deux nouveaux venus mettent fin à l'hégémonie des partis majoritaires.

"II est certain que certaines choses ont changé radicalement le paysage, par exemple avec la limite des mandats, le fait d'exiger des primaires des partis politiques. Je pense que le fait qu'il y ait plus de formations politiques complique les possibilités d'accords et donc ouvre le débat, génère plus de discussions et je pense que c'est toujours positif", déclare Isabel Serra, candidate de Podemos à Madrid.

Les sondages d'opinion annoncent l'irruption d'une cinquième formation, Vox. Ça serait le première fois depuis 1979 qu'un parti d'extrême droite entre au Parlement.

"Il faut tenir compte du fait que normalement, les nouveaux partis sont liés à des moments sociétaux basés sur l'émotion. S'il n'y a plus d'émotion, les nouveaux partis, perdent de leur soutien. Ceux qui peuvent gérer non seulement les émotions, mais aussi la vie politique au jour le jour, auront une endurance beaucoup plus grande. En cas de situation de crise économique future, ce sont sans aucun doute les partis traditionnels qui en bénéficieront, en l'occurrence la droite du parti populaire, car ils sont perçus comme de meilleurs gestionnaires de la crise que les nouveaux partis", José Pablo Ferrándiz, docteur en sociologie_._