Espagne : des législatives bien incertaines

Espagne : des législatives bien incertaines
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C'est une Espagne plus fracturée que jamais qui s'est rendue aux urnes ce dimanche. Près de deux ans après la crise catalane, la pire qu'ait connu le pays en 40 ans, les 37 millions d'électeurs sont appelés à choisir entre deux voies diamétralement opposées : la continuité avec le socialiste Pedro Sanchez ou une alliance allant du centre à l'extrême droite.

« Ce que je souhaite, c'est que les Espagnols envoient un message clair et qu'il y ait une majorité parlementaire suffisamment large pour ouvrir la voie à quatre ans de stabilité, d'apaisement, de sérénité durant lesquels nous puissions nous consacrer aux grandes avancées dont le pays a besoin », a déclaré le chef du gouvernement sortant Pedro Sanchez.

Peu de chances, pourtant, qu'un majorité claire se dessine. Car même si les socialistes sont en tête dans les sondages, la gauche radicale de Pablo Iglesias ne suffirait pas à former une coalition stable.

Candidat des conservateurs du Parti populaire, Pablo Casado a centré sa campagne sur le rejet de l'indépendantisme catalan et il a, lui aussi, appelé au vote utile.

« La première chose que je souhaite, c'est l'émergence d'un gouvernement stable pour éviter cette succession d'élections et de législatures manquées que nous avons vécues au cours des deux dernières années », a-t-il martelé.

Parmi ses futurs partenaires de coalition, s'il l'emportait ; les libéraux d'Albert Rivera. Le Parti populaire et Ciudadanos espèrent rééditer leur coup de force de janvier en Andalousie. Ils avaient alors chassé les socialistes du pouvoir régional en s'alliant avec l'extrême droite de Santiago Abascal. Vox devrait de fait faire son entrée au parlement espagnol, une première depuis la mort de Franco.

A la mi-journée, le taux de participation était de plus de 43%, un taux élevé à l'image de l'enjeu. Quant à la Catalogne, qui aura été malgré elle au centre de la campagne, elle risque de voir ses divisions entre indépendantistes et unionistes exacerbées à l'issue de ce scrutin.