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La justice internationale exige la libération immédiate des marins ukrainiens

La justice internationale exige la libération immédiate des marins ukrainiens
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REUTERS/Pavel Rebrov/File Photo
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Le Tribunal maritime international a sommé samedi Moscou de libérer sans délai les 24 marins ukrainiens détenus depuis novembre à la suite d'un incident naval qui a attisé les tensions entre ces deux pays, en conflit depuis cinq ans.

"La Fédération de Russie doit procéder immédiatement à la libération des 24 militaires ukrainiens détenus et les autoriser à rentrer en Ukraine", a déclaré le juge sud-coréen Jin-Hyun Paik.

"La privation continue de liberté que subissent les militaires ukrainiens est préoccupante d'un point de vue humanitaire", a ajouté le président de ce tribunal qui veille à l'application de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, reconnue par 168 pays dont la Russie.

Dans leur ordonnance, les juges ont également prescrit une autre "mesure conservatoire", enjoignant à la Russie de remettre là aussi "immédiatement" à Kiev les navires militaires Berdyansk, Yani Kapu et Nikopol arraisonnés lors de leur passage au large de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014.

Kiev avait saisi en avril le tribunal basé dans la ville portuaire allemande de Hambourg.

"Une autre ligne rouge"

L'ordonnance est "un signal clair à la Russie qu'elle ne peut pas violer le droit international en toute impunité", s'est félicitée la vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères Olena Zerkal sur son compte Facebook, espérant que Moscou allait s'y "conformer rapidement et entièrement".

Pour l'ancien président ukrainien Petro Porochenko, la décision est "à la fois une autre ligne rouge pour le Kremlin, et la confirmation que la stratégie que nous avons choisie était la bonne".

Sa mise en oeuvre s'annonce cependant difficile car la partie russe a boycotté la procédure et récusé toute compétence au tribunal de Hambourg pour statuer sur un conflit qu'elle juge "militaire", position qu'elle a d'ailleurs réitérée samedi après le jugement.

La situation aurait pu être évitée "si la loi russe concernant la navigation dans cette région avait été respectée", a réagi le ministère des Affaires étrangères russe dans un communiqué.

L'affaire remonte à novembre 2018 quand la Russie, dénonçant une "agression", a arraisonné les trois navires, affirmant qu'ils étaient entrés illégalement dans les eaux russes.

L'Ukraine assure avoir prévenu son voisin de l'itinéraire de ses bâtiments près du détroit de Kertch et accuse la Russie d'avoir violé le droit international.

Pression sur le Kremlin

La décision des juges en faveur de Kiev s'ajoute aux efforts des Occidentaux pour faire pression sur le président russe Vladimir Poutine et tenter de relancer le processus de paix dans l'est de l'Ukraine.

Son application "pourrait être le premier signe de la part du pouvoir russe qu'il est réellement prêt à mettre fin au conflit avec l'Ukraine", a estimé le nouveau président Volodymyr Zelensky, un comédien novice en politique, élu sur fond de lassitude face à des dirigeants jugés corrompus et incapables de sortir le pays du conflit.