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Maladies et accidents du travail : comment minimiser les risques ?

Maladies et accidents du travail : comment minimiser les risques ?
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Tous les travailleurs dans l'ensemble de l'Union européenne ont droit à un haut niveau de protection de leur santé et de leur sécurité sur leur lieu de travail. Dans cette édition de Real Economy, nous voyons dans quelle mesure exercer une activité professionnelle peut représenter un danger, à quels risques sont exposés des millions d'Européens au quotidien et comment les minimiser et les éliminer.

Un haut niveau de protection de la santé et de la sécurité au travail, c'est l'un des principes du socle européen des droits sociaux, un ensemble d'éléments clés qui contribue à améliorer les conditions de vie et de travail dans l'Union européenne.

L'une des plus graves maladies que l'on puisse contracter sur son lieu de travail en Europe comme dans le monde, c'est le cancer. Il est à l'origine de plus de la moitié des décès liés au travail recensés chaque année dans l'UE. Près du quart sont dus à des maladies circulatoires et 2%, à des blessures.

Même si le cancer est une maladie complexe et que certaines causes sont difficiles à identifier, il est clair que ceux causés par la présence de produits chimiques dangereux sur le lieu de travail peuvent être évités en réduisant ou en éliminant l'exposition à ces substances.

Pour mieux protéger plus de 40 millions de travailleurs sur son territoire, l'Union européenne a mis à jour de manière continue, la législation sur l'encadrement de 26 nouvelles substances chimiques cancérigènes et agents mutagènes, c'est-à-dire susceptibles de provoquer des mutations génétiques dans l'organisme.

Les blessures et maladies d'origine professionnelle coûtent d'après l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, environ 476 milliards d'euros par an à l'Union européenne, soit 3,3% de son PIB.

Les coûts directs de l'exposition à des substances cancérigènes au travail en Europe sont estimés à 2,4 milliards d'euros par an.

Les dangers du travail du bois en Croatie

Voyons comment des entreprises européennes s'attaquent au problème avec notre journaliste Fanny Gauret qui s'est rendue en Croatie dont près de la moitié du territoire est couvert de forêt. Certains de ses arbres produisent un matériel de haute qualité. Mais, travailler le bois peut être nocif comme dans l'usine de parquet dans laquelle nous nous rendons.

"Cette poussière de bois, quand elle est inhalée par les travailleurs, se dépose dans le nez, la gorge et les voies aériennes," explique notre reporter. "Cela peut provoquer des irritations, des maladies de peau, des maladies respiratoires et en cas d'exposition prolongée, un cancer," précise-t-elle.

Environ 3 millions de travailleurs en Europe seraient exposés à la poussière de bois dur.

"Un travailleur satisfait dans un environnement plus sûr travaille mieux"

Il y a trois ans, cette entreprise a été rachetée par un groupe privé. Ils ont investi dans l'augmentation de leur production, l'utilisation de produits respectueux de l'environnement et le maintien d'un lieu de travail sain.

Kruno Piškur, responsable de l'usine, indique : "Nous avons investi dans un système de ventilation qui collecte la sciure et quand les particules sont rassemblées, elles sont transportées vers de grands silos. Aujourd'hui," poursuit-il, "nous regardons ce que nous pouvons améliorer, quelles substances nous pouvons réduire au strict minimum parce qu'évidemment, un travailleur satisfait dans un environnement plus sûr travaille mieux."

Sur place, les travailleurs sont protégés, cependant, en Europe, 11% des travailleurs interrogés déclaraient une exposition aux vapeurs de solvants ; 15% à des fumées, des poudres et poussières et 17% à des produits chimiques pour au moins un quart de leur temps de travail.

"Des employeurs qui ne déclarent pas les agents cancérigènes"

Les employeurs européens doivent déclarer les agents cancérogènes et le nombre de travailleurs qui y sont exposés.

"Mais, comme il n'y a pas de sanctions en cas de non-respect de cette obligation, il y a des employeurs croates qui ne font pas cette déclaration," déplore Gordana Palajsa, secrétaire de l'Union des syndicats autonomes de Croatie. "Il faut que l'on contrôle mieux la manière dont les réglementations sont appliquées," insiste-t-elle.

En France, le Centre International de Recherche sur le Cancer évalue les risques de cancérogénicité des agents suspectés et les classifie en quatre groupes selon le degré de risque avéré.

"Le groupe 1 - c'est-à-dire les agents cancérogènes pour l'homme - inclut 120 substances" explique Mary Schubauer-Berigan, scientifique qui travaille pour les monographies du CIRC. "Sur ces 120 substances, il y en a au moins 70 dont la présence actuelle ou passée sur le lieu de travail est connue," ajoute-t-elle avant de souligner : "Donc, c'était vraiment très important que les pays et les organisations internationales prennent des mesures pour réduire l'exposition à ces substances dans le cadre professionnel."

"Le respect des valeurs limites peut permettre d'éviter des centaines de milliers de décès"

L'Union européenne a déjà entrepris de telle démarches. À Bilbao, nous en discutons avec la directrice de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, Christa Sedlatschek.

Christa Sedlatschek, directrice de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail :

"Les Européens ont amendé la directive sur les agents cancérigènes et mutagènes au travail. Aujourd'hui, 26 substances pouvant causer un cancer sont inscrites dans la législation et des valeurs limites d'exposition ont été fixées pour ces 26 substances. Le respect de ces valeurs limites peut permettre d'éviter des centaines de milliers de décès."

Sasha Vakulina, journaliste spécialisées dans l'économie à euronews :

"Quels secteurs mettent le plus en danger les travailleurs ?"

Christa Sedlatschek :

"Par exemple, le soudage est l'une des activités dangereuses parce que des substances cancérigènes sont libérées au cours du processus. Mais il y a aussi des secteurs comme la santé où le personnel soignant est exposé à des agents cancérigènes, mais aussi les coiffeurs car ils utilisent des produits chimiques sur les cheveux qui contiennent en partie, des substances cancérigènes. Et puis, il ne faut pas oublier le secteur de la construction parce que la maintenance des bâtiments fait peser des risques élevés en raison de la présence d'amiante et de poussière de silice."

Un outil en ligne d'évaluation des risques en entreprise

Sasha Vakulina :

"Les grandes entreprises qui disposent de grandes infrastructures ont-elles davantage tendance à montrer l'exemple et à prendre des mesures en matière de santé au travail et de prévention des cancers professionnels ?"

Christa Sedlatschek :

"Plusieurs études et recherches ont clairement montré que les grandes entreprises ont une approche plus systématique dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail alors que les micro- et petites entreprises n'ont pas cette démarche systématique ou globale. Donc celles-ci réagissent davantage selon les circonstances. Notre agence a développé un outil : il s'agit d'un outil interactif en ligne d'évaluation des risques appelé OiRA qui propose de l'assistance pour les micro- et petites entreprises. C'est sur le web, gratuit, facile d'accès et bien sûr, cela permet d'obtenir une très bonne évaluation des risques."

Sasha Vakulina :

"Enfin, nous vous avons demandé d'amener un objet pour illustrer ce sujet. De quoi s'agit-il ?"

Christa Sedlatschek :

"C'est ce qu'on appelle une "maison de la capacité au travail". Il y a quatre étages qui sont très importants pour améliorer la capacité de travail des individus : la santé, c'est la base. Ensuite, il y a les compétences et le talent. Au-dessus, les valeurs et tout en haut, le travail bien entendu."

Sasha Vakulina :

"Quand on regarde tous ces éléments, c'est la santé qui est à la base de tout."

Christa Sedlatschek :

"Oui, c'est la base de tout."