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Jour J: le message final d'une standardiste de guerre

Jour J: le message final d'une standardiste de guerre
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Quand Marie Scott, 92 ans, pense au Jour J, elle entend encore les cris des soldats chargeant l’ennemi nazi. A l‘époque, elle était standardiste et transmettait les ordres aux troupes débarquant sur les plages normandes.

Elles étaient huit autres femmes comme elle, à avoir le champ de bataille au bout du fil, intermédiaires essentielles entre le quartier général en Angleterre et les combattants des Alliés en France, venus libérer l’Europe de l’Ouest du joug nazi.

De son poste à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, Marie Scott a entendu “la bataille et les coups de feu”.

“Je savais que ces hommes se battaient pour leur vie. J’ai été frappée par la réalité de la guerre”, confie à l’AFP celle qui avait alors 17 ans. “J’ai grandi ce jour-là”, raconte-t-elle aujourd’hui dans son appartement du sud de Londres.

- “Si jeunes” /p>

C’est à 16 ans que Marie Scott commence à travailler comme standardiste. En mars 1944, elle a 17 ans et se porte volontaire pour rejoindre la branche féminine de la Royal Navy.

Après deux semaines d’entraînement, elle est postée à Fort Southwick, à Portsmouth, qui sera le centre névralgique des communications pour le débarquement des Alliés le 6 juin 1944, connue sous le nom d’Opération Overlord.

Elle reçoit une formation d’un mois pour apprendre à manipuler la radio VHF qu’elle utilisera, le jour J.

“Il y avait de l’excitation mais aussi de l’appréhension”, se souvient-elle. “On se demandait: vont-ils réussir? Quel serait le coût humain?“.

“Une fois que nous avons entendu les batailles”, ces sentiments ont laissé place à “l’effroi”. Résonnent encore dans ses oreilles les “coups de feu continus” en fond sonore des messages codés qu’elle relayait aux hommes sur le front.

“Leurs vies étaient en jeu. C‘était assez effrayant. Nous étions tous si jeunes… et eux aussi”.

“J‘étais bouleversée et horrifiée mais nous nous devions de faire passer les messages”, poursuit-elle. Une mission dont elle se dit encore “fière” 75 ans plus tard.

Marie Scott s’est vu décerner la Légion d’honneur, la plus haute distinction honorifique française qu’elle estime ne pas mériter n’ayant pas combattu même si elle dit tout de même ressentir une “immense fierté” pour l’effort collectif.

“C’est comme si je la recevais pour tous ces gens à Fort Southwick, qui ce jour-là ont travaillé pour faciliter l’Opération Overlord”.

La cérémonie de décoration officielle aura lieu mercredi, en Normandie.

Mais c’est surtout l’une de ses filles, devenue citoyenne française en 2001, et ses trois petits-enfants qui la font se sentir étroitement proche du pays qu’elle a contribué à libérer.

“J’ai maintenant un lien direct avec la France plutôt qu’une ligne directe” de communication, plaisante-t-elle.

“Un peu plus d’humanité” –

Bien qu‘âgée, Marie Scott cultive sa petite routine autonome. Lever à six heures, balade, déjeuner à la maison, sieste l’après-midi et pas de télévision avant le début de la soirée. Dans son appartement, bien ordonné, on trouve de multiples CD et cassettes d’opéra. Des photos de familles tapissent les murs.

“Aussi obscure que ma vie a pu être, elle a aussi été pleine. Banale mais incroyablement chanceuse. J’ai eu une bonne et heureuse vie”, juge-t-elle, consciente des vies volées par la Seconde Guerre mondiale.

Si elle a, après le conflit, travaillé comme secrétaire puis fonctionnaire, elle a gardé de son expérience de standardiste une certaine aisance avec les technologies de communication: la nonagénaire a un téléphone portable pour les urgences, se familiarise actuellement avec un iPad… et a un dernier message à relayer aux jeunes générations qui, elle l’espère, n’auront jamais à connaître les sacrifices de son époque.

“Soyez tolérants envers les autres, ceux qui ont une vie différente; ayez de la gentillesse et de la compassion pour ceux qui ne sont pas aussi chanceux que vous”, intime-t-elle. “Les guerres sont provoquées parce que les gens oublient leur humanité. Alors un peu plus d’humanité ne serait pas de trop”.

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