Tour de France: zoom sur les maillots jaunes du XXIe siècle

Le Suisse Fabian Cancellara revêtu du maillot jaune lors de la 3e étape du Tour de France entre Anvers et Huy, le 6 juillet 2015
Le Suisse Fabian Cancellara revêtu du maillot jaune lors de la 3e étape du Tour de France entre Anvers et Huy, le 6 juillet 2015 -
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LIONEL BONAVENTURE
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Au XXIe siècle, le maillot jaune a été revêtu par toutes sortes de coureurs. Petit échantillon:

Le plus assidu: Fabian Cancellara

De 2004 à 2015, le Suisse a eu les habitudes d’un métronome. Dans six Tours de France différents, le Bernois d’ascendance italienne a porté 29 fois le maillot jaune, un record pour un coureur qui n’a jamais enlevé le classement final. Il est vrai que “Spartacus” s’appuyait sur sa supériorité dans les prologues (Liège en 2004 et 2012, Londres en 2007, Rotterdam en 2010) ou le contre-la-montre inaugural (Monaco en 2009). Il obtint le dernier en 2015, de justesse, avant de le céder le lendemain suite à une chute.

Dans la catégorie des habitués, Chris Froome est monté sur le podium pour le maillot jaune dans quatre Tours de France depuis 2013. Ni l’un (retraité) ni l’autre (forfait) ne pourront améliorer leur score en juillet.

Le plus scandaleux: Lance Armstrong

Banni à vie du cyclisme, le Texan n’intéresse plus que les amateurs de mauvais roman noir intrigués par cette époque truquée: par le dopage sous toutes ses formes, en premier lieu sanguin, et peut-être mécanique puisque l’hypothèse d’un système motorisé qui aurait fourni l’arme absolue à son détenteur est aujourd’hui jugée crédible, à défaut d‘être prouvée.

Sept fois en jaune sur les Champs-Elysées, jusqu’en 2005, Armstrong a été imité pour partie par d’autres candidats au titre du “plus honteux”: l’Américain Floyd Landis, qui leva des fonds pour assurer sa défense avant d‘être définitivement convaincu de dopage et déclassé de la première place du Tour 2006. Ou encore le Danois Michael Rasmussen, contraint de partir à la dérobée l’année suivante alors qu’il portait le maillot jaune à quatre jours de l’arrivée.

Le plus populaire: Thomas Voeckler

“J’ai senti toute la France derrière moi”. Par deux fois, Voeckler a occupé dix jours durant la première place du classement. En 2004, il n‘était qu’un intérimaire. En 2011, il allait terminer au pied du podium (4e), après n’avoir lâché son beau maillot qu‘à trois jours des Champs-Elysées.

Le Vendéen d’adoption, qui avait succédé dans le coeur du public à Richard Virenque (1 jour en jaune en 2003), a porté le maillot symbole plus souvent que des légendes du Tour telles que Fausto Coppi, Luis Ocana et Bernard Thévenet. C’est dire la valeur de ce coureur qui disait: “Quand on n’est pas le plus fort du monde, il faut souvent attaquer. Mais, ce que j’aime, c’est l’offensive pour la victoire, pas l’offensive pour l’offensive.”

Le plus pressé: Fernando Gaviria

Maillot jaune à la fin de sa première journée dans le Tour: le Colombien a frappé sans attendre, l’an dernier, à Fontenay-le-Comte, comme l’ont fait dans le dernier demi-siècle le Belge Eric Vanderaerden (1983), les Britanniques Chris Boardman (1994) et David Millar (2000), le Suisse Fabian Cancellara (2004), à chaque fois contre-la-montre.

A l’opposé, un autre sprinteur, Mark Cavendish, s’est signalé par sa patience. Le Britannique, aux trente victoires d‘étape, n’a endossé la tenue qu’en 2016, à Utah Beach, 9 ans après sa première Grande Boucle. Lors des éditions précédentes, il avait dû tenir compte des prologues ou contre-la-montre (2007, 2009, 2010, 2012, 2015), des arrivées en côte (2008, 2011) ou s’avouer battu (2013, 2014). Par comparaison, Peter Sagan a attendu bien moins longtemps. A sa cinquième participation, le spécialiste du maillot vert a changé de couleur.

Le plus éphémère: Romain Feillu

Quarante minutes ! En 2008, le Français n’a porté le maillot de leader que le temps de boucler un contre-la-montre de 29 kilomètres à Cholet. Il l’avait conquis la veille à Nantes au bout d’une échappée conclue par un autre Français, Samuel Dumoulin.

Ils sont quelques-uns au XXIe siècle à ne l’avoir gardé qu’une seule journée: le Belge Marc Wauters (2001), les Français Jean-Patrick Nazon (2003) et Cyril Dessel (2006), l’Allemand Linus Gerdemann (2007). Dans le même cas, le Belge Philippe Gilbert (2011), Tony Gallopin (2014), l’Australien Rohan Dennis (2015), le Britannique Mark Cavendish (2016) et le Colombien Fernando Gaviria (2018), toujours en activité, peuvent toujours espérer le porter de nouveau à l’avenir.

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