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Photographie de Buzz Aldrin représentant l'une de ses empreintes de pas sur le sol lunaire
Photographie de Buzz Aldrin représentant l'une de ses empreintes de pas sur le sol lunaire -
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NASA

La face cachée d'Apollo 11 : des anecdotes pour l'Histoire

Il y a 50 ans, Neil Armstrong devenait le premier Homme à marcher sur la Lune. Ce "petit pas" est la concrétisation du programme Apollo lancé par le président Kennedy en 1961. Aujourd'hui encore, cette aventure spatiale exerce toujours autant de fascination. Si l'épopée d'Apollo 11 est connue de tous dans les grandes lignes, une multitude d’anecdotes ont contribué à la réalisation de son succès.

Ambiance boite de conserve

L'équipage d'Apollo 11 passe plusieurs jours dans un environnement des plus confinés à bord du module de commande Columbia. Michael Collins, seul à ne pas marcher sur la Lune, passera ainsi huit jours dans cet espace exigu. Ses dimensions, soit une hauteur de 11 mètres pour un diamètre de 3,9 mètres, ne permettent pas de voyager confortablement. En effet, "l'espace de vie" dans lequel Armstrong, Aldrin et Collins parcourent des centaines de milliers de kilomètres, représente un volume légèrement supérieur à 6 m². Amis claustrophobes, bonjour !

Jugez-en par vous-même en explorant le CSM (Command Service Module) grâce à la reconstitution en trois dimensions ci-dessous :

Source: Smithsonian national National Air and Space Museum

Les prémices de l'informatique au service du programme Apollo

C'est sans doute l'un des points les plus fascinants du programme Apollo. La prouesse technologique réalisée par les équipes de la Nasa laisse songeur lorsque l'on considère les moyens techniques des années 60. Le moindre smartphone moderne est effectivement bien plus performant que tout ce dont disposait la Nasa à l'époque. Mais les ingénieurs de l'agence spatiale américaine ont fait preuve d'ingéniosité pour optimiser leurs machines.

Au sol, pour la première fois, les serveurs ont ainsi été mis en réseau pour parer à la faible capacité de calcul offerte par une seule unité. Et pour économiser la faible mémoire de ces engins, le code a été optimisé, en abrégeant les termes utilisés, par exemple.

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L'AGC et son interface utilisateur le DSKY ( Display and Keyborad, pour écran et clavier)Nasa

Mais l'une des plus grandes avancées de l'informatique a été le développement par des équipes du MIT (Massachusetts Institute of Technology) de l'ordinateur qui équipait les modules de commande et lunaire. Baptisé AGC, pour Apollo Guidance Computer, ce dernier a été le premier à utiliser des circuits imprimés (tissés à la main !). Une des tâches des développeurs a été de fournir un équipement capable d'assurer seul le guidage et la navigation, tout en étant le plus petit possible.

L'engin, là aussi sur le papier à des années lumières de nos machines actuelles, fonctionnait grâce à des "routines" préétablies, permettant ainsi de pas encombrer sa mémoire (72 ko de mémoire morte et 4 ko de mémoire vive !). De plus, un système de priorisation et de hiérarchisation a été développé pour ne pas entraver la bonne marche des opérations. Ainsi un problème d'ordre secondaire ne pouvait pas mettre à mal la mission.

Une descente mouvementée

"Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle s'est posé". Avant de prononcer cette phrase, Neil Armstrong a dû gérer une descente particulièrement éprouvante. Le site d'alunissage qui avait été préalablement choisi ne répondait pas à toutes les attentes.

Le sol est trop rocailleux pour que le LEM (Lunar Excursion Module) puisse se poser sans entraves. De plus, des signaux d'alarmes retentissent dans l'habitacle. Mais ces dysfonctionnements (lié à un radar par exemple) sont jugés comme secondaires par le système. Face à la situation, Amrstrong a décide de passer en commandes manuelles. En ayant "tapé" dans les réserves de carburant, le module se posera finalement dans la mer de la Tranquillité.

Le sol lunaire foulé en premier par... les poubelles !

Six heures après avoir aluni, Armstrong se prépare pour sa sortie extravéhiculaire. Il a sans doute déjà en tête sa désormais célèbre phrase. Mais après avoir ouvert le panneau du LEM, l'équipage "balance" par dessus bord un sac contenant, en autres, les déjections des astronautes ! Le moment est immortalisé par une photo, qui sera la première prise sur le sol lunaire.

Nasa

En effet, après plus de quatre jours dans le module de commande, puis dans le module lunaire, l'ambiance (olfactive) à bord, sans toilettes, ni douches, devait être spécialement raffinée ! Les astronautes se sont donc débarrassés littéralement, entre autres, des couches dans lesquelles ils faisaient leurs besoins en les enfermant dans l'un de ces "Jettison Bags" spécialement mis au point pour l'occasion.

"Une magnifique désolation"

Les seconds rôles sont souvent ingrats. Vingt minutes après Neil Armstrong, Buzz Aldrin quitte enfin la capsule. Lui aussi aura "sa" formule. Si le "un petit pas pour un homme, mais un grand bond pour l'humanité" prononcé par le premier homme qui a marché sur la Lune restera à tout jamais dans l'Histoire, le "Magnificent desolation" d'Aldrin synthétise bien le ressenti des astronautes et permet au millions de téléspectateurs qui assistent à la scène en direct de la vivre au plus près.

Le premier "pipi lunaire"

Buzz Aldrin sera, toutefois, l'homme d'une première. Il sera en effet le premier à uriner sur la Lune. Enfin, pas sur le sol lunaire, on s'en doute. Pour se faire, il met à profit l'UCD (système de collecte d'urine) présent à l'intérieur de son scaphandre lorsqu'il est en train de descendre de l'échelle du module lunaire.

Aldrin était revenu sur cette anecdote, non sans humour, lors de son passage sur une radio américaine en 2016.

Plus de 20 heures sur la Lune

En tout, les deux hommes passent plus de 21 heures sur la surface de la Lune. Armstrong et Aldrin resteront hors du LEM plus de deux heures pour l'un, un peu moins pour l'autre. L'une des premières tâches des astronautes est de hisser de la bannière étoilée. Le drapeau américain est muni d'une armature métallique pour pouvoir rester en place. Mais ce dernier sera "soufflé" lorsque le module lunaire décollera pour retrouver le troisième astronaute John Collins qui était resté en orbite à bord du module de commande. Le Stars and Stripes avait été planté trop près du LEM, une erreur qui ne sera pas reproduite par les missions Apollo suivantes.

Ensuite au sol, Ils effectuent des mesures, des prélèvements. Plus de 20 kg d’échantillons de roches et du sol lunaire seront ainsi collectés. L'équipage laissera sur la Lune une partie de leur équipement (réflecteur, caméra, etc.) ainsi que la base de leur module lunaire, celle munie des quatre pieds. Une plaque commémorative portant la signature des membres de l'équipage ainsi que du président des Etats-Unis Richard Nixon restera sur place. Une inscription est également présente sur cette plaque.

Ici, des hommes de la planète Terre ont pour la première fois mis le pied sur la Lune, en juillet 1969. Nous sommes venus en paix, au nom de toute l'humanité.
Traduction du texte présent sur la plaque laissée sur la Lune par l'équipage d'Apollo 11

Le stylo spatial

Avant de s'arracher du sol lunaire, sans avoir croisé le moindre sélénite, Aldrin et Armstrong s'offrent quelques minutes de repos à bord d'Eagle. Après avoir quitté leurs lourds scaphandres, ils remarquent que la poussière lunaire s'est invitée dans l'habitacle. Ces particules sentent "le charbon brûlé" ou "les cendres après avoir été arrosées d'eau", dira Aldrin, caractérisant ainsi l'odeur de la Lune. Lorsque les deux hommes lancent la procédure de décollage, quelque chose cloche. Un des boutons sur la console initiant la mise à feu du moteur est cassé, sans doute par l'un des astronautes lorsqu'ils sont rentrés dans la capsule. Mais, ni une ni deux, Aldrin trouve la parade. Il remplace la pièce manquante par son AG-7, un stylo mis au point par la société Fischer. L'Aigle peut prendre son envol.

Cpg100 / CC BY-SA 3.0
Un AG-7 dans son étuiCpg100 / CC BY-SA 3.0

Le "Space pen" a été conçu pour fonctionner en apesanteur et pour résister à des températures extrêmes. La Nasa a acheté un lot de 400 AG-7, au prix de 6 $ l'unité, en 1967. Mais pour la petite histoire, il semble très probable que le module aurait bien pu décoller sans l'intervention d'Aldrin.

Archéologie lunaire

En mars 2012, la Nasa a publié des clichés pris par la sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO). Le petit engin a ainsi photographié à 24 km d'altitude le site atterrissage d'Apollo 11. Rien ne semble avoir bougé, la partie basse du module lunaire, les instruments et la caméra, tout est là. Mais, le plus émouvant ce sont les traces de pas des deux astronautes, aisément identifiables. Quant à la partie haute d'Eagle utilisée par Aldrin et Armstrong pour regagner le module de commandement, la Nasa a perdu sa trace. Il s'est écrasé sur le sol lunaire après avoir accompli sa mission et s’être détaché de Columbia.

NASA/GSFC/Arizona State University

Tout le monde en quarantaine

Le retour sur Terre est plus rapide que le voyage aller. Le module Columbia rentre dans l'atmosphère sans entrave. Le parachute se déploie et la capsule amerrit dans l'océan pacifique le 24 juillet 1969, à 1 500 km au sud-ouest de Honolulu. La mission Apollo aura duré en tout plus de 195 heures.

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Le module de commande d'Apollo 11 après son amerrissage le 24 juillet 1969Nasa

Mais une fois récupérés par la Navy, Collins, Armstrong et Aldrin sont directement placés en quarantaine. Les trois astronautes subissent des tests, afin de déterminer s'ils n'ont pas rapporté des microbes de la Lune. Ils resteront 21 jours à l'intérieur de leur MQF, pour Mobile quarantine facility, une caravane de la marque Airstream transformée pour l'occasion. Et c'est par la fenêtre, close évidement qu'ils s'entretiendront le jour même de leur arrivée avec le président Nixon. Le chef d'Etat américain n'a ainsi pas dû lire le discours qu'il avait préparé si Apollo 11 s'était soldé par un echec.