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Jean-Luc Mélenchon a rencontré en prison l'ancien président brésilien Lula

Jean-Luc Mélenchon a rencontré en prison l'ancien président brésilien Lula
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Heuler Andrey / AFP
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Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise, a "puisé de l'énergie" auprès de l'ex-président brésilien Lula, emprisonné pour corruption, auquel il a rendu visite jeudi.

Le député français a effectué une tournée qui l'a mené du Mexique à l'Amérique du Sud (Uruguay, Argentine) où il a rencontré des responsables politiques de gauche avant d'arriver au Brésil.

L'ancien candidat à la présidentielle est le premier responsable politique national français à rendre visite en prison à Lula, avec lequel il entretient une relation personnelle ancienne.

Il a vu le prisonnier le plus célèbre du Brésil dans les locaux de la police fédérale à Curitiba où celui-ci est détenu depuis avril 2018, avant d'avoir lui-même affaire avec la justice en France.

"Je ressors, après avoir puisé de l'énergie auprès de lui", a-t-il dit à quelques journalistes, "je le retrouve avec la même force de caractère. Soyez tous des Lula !". "Je l'ai trouvé très fort, à tous points de vue", a ajouté M. Mélenchon précisant que Lula, à 73 ans, "faisait neuf km tous les jours en courant" sur un tapis de course.

"Il nous a appelés à la résistance", a-t-il ajouté, expliquant qu'"une bonne partie de (la) discussion a(vait) porté sur l'utilisation de la justice dans les procès politiques", le "lawfare".

Luiz Inacio Lula da Silva, président de 2003 à 2010, purge une peine de huit ans et dix mois. Condamné pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'un groupe de BTP en échange de faveurs dans l'attribution de marchés publics, Lula n'a cessé de clamer son innocence, se disant victime d'un complot pour l'empêcher de revenir au pouvoir.

Il était le grand favori de la présidentielle d'octobre 2018, mais a été déclaré inéligible quelques semaines avant le scrutin, qui a vu l'élection du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro.

En juin, le site d'investigation The Intercept Brasil a publié des échanges de messages qui mettent en doute l'impartialité des procureurs chargés du dossier Lula et du juge Sergio Moro qui l'a condamné en première instance.

M. Mélenchon a fait un parallèle entre le cas Lula et ses propres déboires judiciaires : il doit être jugé les 19 et 20 septembre en correctionnelle, avec cinq de ses proches, après une perquisition mouvementée au siège de la LFI en octobre 2018.

"Procès politique"

Lula est "condamné pour des faits indéterminés", a-t-il dit. "Il n'y a pas de limite à l'utilisation de la justice dans les procès politiques. Même Staline faisait mieux, il essayait d'avoir des aveux. Là il n'y en a même pas".

"Nous sommes déterminés à ne plus nous laisser faire, chacun dans notre pays, à nous unir, à mettre en relation nos groupes d'avocats (...) pour nous entraider (...) dans les procès politiques que nous subissons", a ajouté le député des Bouches-du-Rhône.

"Je serai moi-même en procès politique à la fin septembre", a ajouté le député insoumis, "ce sera un moment très triste pour mon pays parce qu'il n'y avait pas eu de procès politique en France depuis la période de la guerre d’Algérie".

"C'est la même méthode (que la condamnation de Lula), peut-être que ce ne sera pas les mêmes conclusions, je n'en sais rien", mais "les mêmes incriminations sans preuves et violations des droits de la défense".

Le juge Moro, qui a condamné Lula - aujourd'hui ministre de la Justice de Jair Bolsonaro - est "une personnalité politiquement corrompue, prête à tout, y compris à salir la justice de son pays pour mener à son terme un procès politique", a accusé M. Mélenchon.

"Personne ne croit que Lula puisse être corrompu. Tout le monde sait qu'il est en prison pour (...) une raison politique qui a permis a M. Bolsonaro d'être élu", a-t-il insisté.

La Cour suprême brésilienne doit se pencher prochainement sur une demande de libération de Lula basée sur la partialité présumée de Sergio Moro mais aussi sur des questions de procédure.

Toutefois Lula pourrait être aussi condamné dans le cadre d'une 2e affaire de corruption, parmi la demi-douzaine dans lesquelles il est mis en cause.