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Exoplanète : controverse autour de la paternité de la découverte d'eau

L'exoplanète K2-18b orbitant autour de la naine rouge K2-18, située dans la constellation du Lion, à 110 années-lumière du système solaire.
L'exoplanète K2-18b orbitant autour de la naine rouge K2-18, située dans la constellation du Lion, à 110 années-lumière du système solaire. -
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ESA/Hubble, M. Kornmesser
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L'annonce de la découverte d'eau sur une exoplanète a fait sensation ce 11 septembre. De plus, selon l'équipe d'astronomes de l'University College London à l'origine de cette annonce, l’exoplanète en question, K2-18b, serait habitable. Mais voilà... Une autre équipe conteste la paternité de cette découverte. En effet, des scientifiques de l'Université de Montréal ont affirmé que leurs collègues londoniens avaient utilisé leurs données, qui étaient tombées dans le domaine public. Ambiance, ambiance....

Selon Björn Benneke, de l'Université de Montréal, cité par le journal québécois "Le devoir", "l'équipe de Londres a simplement utilisé les données que nous avions produits une fois qu'elles sont tombées dans le domaine public et a écrit un article dans "Nature Astronomy" sans nous avoir joints pour collaborer et en ayant comme principale motivation d'aller plus vite que nous".

Pour l'astronome Robert Lamontagne de l'Université de Montréal, également cité dans "Le Devoir", cette façon de faire est "disgracieuse" de la part de l'équipe britannique, elle montre "à quel point la compétition est féroce dans la chasse aux exoplanètes qui ressemblent à la Terre".

Car la découverte de vapeur d'eau sur K2-18 b est très prometteuse et représente une nouvelle étape dans la recherche de signes de vie au-delà du système solaire. La découverte propulse même cette exoplanète très lointaine, située à plus d'un million de milliards de kilomètres de la Terre, au rang de "meilleur candidate" pour la recherche de signes de vie extraterrestre.

"Les observations du télescope spatial Hubble nous ont permis de découvrir que la planète possède une atmosphère, et que cette dernière contient de la vapeur d'eau : deux bonnes nouvelles si on s'intéresse à l'habitabilité de la planète", explique à Giovanna Tinetti, coauteure de l'étude.

A partir des données saisies par Hubble en 2016 et 2017, les chercheurs ont développé des algorithmes pour analyser la lumière filtrée par l'atmosphère de la planète. Les résultats ont révélé la signature moléculaire de la vapeur d'eau, précise un communiqué de l'University College London.

"On ne peut pas en déduire qu'il y a de l'eau liquide à la surface de l'exoplanète mais je pense que c'est fortement possible", poursuit l'astrophysicienne, également de l'University College London. De plus, la planète est située dans la "zone habitable" de son étoile, c'est-à-dire ni trop près ni trop loin de sa source de chaleur, mais juste là où la température permet à l'eau d'exister à l'état liquide et où la vie, telle qu'on la connaît, pourrait se développer. Une température assez similaire à celle de la Terre.

Début d'une "longue série"?

Découverte en 2015 par le télescope spatial américain Kepler, l'exoplanète, baptisée K2-18b, orbite autour de l'étoile K2-18, une naine rouge située dans la constellation du Lion, à 110 années-lumière du système solaire (une année lumière équivaut à 9.460 milliards de km).

Huit fois plus massive que notre planète (c'est une "super-terre" comme toutes les exoplanètes ayant une masse comprise entre 1 et 10 fois celle de la Terre) et 2 fois plus grande, K2-18b est probablement composée de silicates (comme la Terre, Mars et Venus) et de glace.

Les astronomes attendent beaucoup des télescopes nouvelles générations, comme le satellite TESS de la Nasa, la mission ARIEL de l'ESA ou le James Webb Space Telescope, pour avancer toujours plus loin dans la recherche et la connaissance des exoplanètes. L'aventure de K2-18b, elle, est loin d'être terminée : reste maintenant à découvrir en quelle quantité la vapeur d'eau est présente dans l'atmosphère, s'il y a des traces de chimie organique, d'oxygène et d'ozone ...