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Mort d'un "grand fauve" de la politique française, Jacques Chirac, 86 ans

Jacques Chirac, 21 novembre 2014
Jacques Chirac, 21 novembre 2014 -
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EUTERS/Patrick Kovarik
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L'émotion est grande à travers toute la France et dans de nombreux pays étrangers. Jacques Chirac, ancien président durant deux mandats et chef de la droite française pendant des décennies, est décédé jeudi matin. D'abord frappé par un accident vasculaire cérébral en 2005, il était malade depuis quelques années et n'apparaissait plus en public; il avait 86 ans.

La triste nouvelle a été annoncée par sa famille : "Le président Jacques Chirac s'est éteint ce matin au milieu des siens, paisiblement", a déclaré Frédéric Salat-Baroux, qui est l'époux de Claude Chirac, la fille du défunt.

Jacques Chirac était considéré comme un "grand fauve" de la politique française. Créateur du RPR, l'ex parti de droite remplacé désormais par Les Républicains, il a été maire de Paris pendant trois mandats entre 1977 et 1995, ministre dans nombre de gouvernements, également deux fois Premier ministre sous Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand et bien sûr président de la République durant 12 ans, de 1995 à 2007. Il n'avait réussi à atteindre le sommet de l'Etat qu'après deux défaites successives aux élections présidentielles de 1981 et 1988.

Des prises de position historiques... et des ennuis judiciaires

L'ancien locataire de l'Elysée a connu au cours de sa longue carrière des hauts et des bas, il a obtenu d'importants succès mais a aussi commis des erreurs "magistrales". Entre autres, il est l'homme qui a dit "non" à la deuxième guerre qui a été menée en Irak, celui qui a enfin clairement reconnu la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs lors de la Seconde Guerre mondiale, et puis qui a poussé un cri d'alarme pour essayer de sauver la planète - sa fameuse petite phrase "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs !" - bien avant ceux qui sont maintenant lancés au niveau international.

En revanche, le premier mandat présidentiel de Jacques Chirac a été notamment marqué par une gaffe politique lourde de conséquences : en 1997, en décrétant la dissolution de l'Assemblée nationale, il va provoquer une large déroute de son camp de droite, l'obligeant à cohabiter avec un Premier ministre socialiste, Lionel Jospin. En 2011, il va également réaliser une première à son corps défendant, devenant le premier chef d'Etat français condamné par la justice à une peine de prison - deux ans avec sursis - pour une affaire d'emplois fictifs à la Mairie de Paris.

Les réactions de la classe politique française sont tombées en cascade :

L'ancien président socialiste, François Hollande, salue "un combattant", "un humaniste" qui "avait su établir un lien personnel avec les Français".

L'ex-président de droite, Nicolas Sarkozy, qui avait des relations parfois tendues avec lui, estime qu' "il a incarné une France fidèle à ses valeurs universelles et à son rôle historique" et qu' "il n'a jamais rien cédé sur notre indépendance".

Alain Juppé, fidèle parmi les fidèles, qui fut son Premier ministre, pleure un ami : "Pendant plus de 40 ans, j'ai vécu avec Jacques Chirac une relation exceptionnelle de fidélité, de confiance, d'amitié réciproques, qui n'était pas seulement politique mais d'abord personnelle".