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Petites et grandes histoires de la chute du Mur de Berlin

Berlin, porte de Brandebourg, le 9 novembre 1989
Berlin, porte de Brandebourg, le 9 novembre 1989 -
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Reuters/Fabrizio Bensch
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Le 9 novembre 1989, une habitante de Berlin est sur le point de rejoindre une amie au sauna, comme tous les jeudis soirs. Mais avant de partir, Angela Merkel, passe un coup de fil à sa mère pour la prévenir : “Attention Maman, il se passe quelque chose aujourd'hui”. Le téléphone une fois raccroché, celle qui est physicienne à l'Académie des sciences de Berlin-Est, va donc rejoindre son amie pour suer à grosses gouttes, alors que l’Histoire est en marche : la première brèche dans le mur s’ouvre. En rentrant chez elle, Angela Merkel est prise dans un tourbillon. Elle finit sa soirée dans un appartement situé à Berlin-Ouest au milieu d’inconnus, avec sa première bière ouest-allemande à la main.

Angela Merkel doit sa folle soirée à Günter Schabowski. Quelques heures auparavant, vers 19h, cet éminent membre du premier cercle de la direction de la République démocratique allemande (RDA), chargé de l'information, a en effet ouvert la boîte de Pandore lors d’une conférence de presse surréaliste, normalement consacrée aux conditions de sortie du territoire pour les citoyens. Mais hésitant, bafouillant sans trop vraiment comprendre le communiqué qu’il est en train de lire, Günter Schabowski sonne pourtant le glas du Mur de Berlin et de la RDA tout entière. Il termine sa déclaration par : "Pour autant que je sache, cela entre en vigueur immédiatement, sans délai…” Dehors, les Berlinois de l’Est exultent et se ruent à l’Ouest.

Dès la nouvelle de la chute du Mur officialisée, le siège de la Stasi à Berlin Est est saisi d’une frénésie. Des agents de la redoutée police politique est-allemande se jettent sur les dossiers, où les faits et gestes de milliers de citoyens d’Allemagne de l’Est sont consignés. Mais les broyeuses ne résistent pas longtemps à l'énorme quantité de documents à réduire en miettes. Ils seront déchirés à la main pour être ensuite réduits en pâte ou brûlés.

Parmi cette foule anonyme, Thomas Wendt, qui a grandi à quelques centaines de mètres du Mur édifié alors qu'il avait 9 ans, fonce vers le poste-frontière le plus proche. Il passe à l'Ouest "quelques minutes seulement après que les garde-frontières ont levé la barrière". Et une fois la ligne entre les deux Allemagne, les deux Berlin, franchie, il tombe dans les bras de parfaits inconnus. A posteriori, cet ancien journaliste d'un hebdomadaire est-allemand "pas bien vu" des autorités dira que "ce fut le moment le plus important de ma vie !".

Stefan Newie a 7 ans ce 9 novembre. Mais, ce soir-là, lui et ses parents ne sont pas devant leur poste de télévision, ils "ratent" donc la chute du Mur. Le lendemain, Stefan va à l'école, sans se douter qu'il s'est passé quelque chose d’historique la veille. Mais face à la classe à moitié vide, un de ses camarades lui dit "Ils sont tous partis à l'Ouest !". Quelques heures plus tard, il fait sa première incursion à Berlin-Ouest avec ses parents, ébloui par "les couleurs" dans la ville.

Helga Dreher a 45 ans lorsque le mur de Berlin se fissure. Ce rempart entre deux mondes l'a fait souffrir jusque dans sa chair, rendant les contacts difficiles avec sa fille qu'elle a eue avec un Français dans les années 70. Lorsqu'elle apprend en direct à la télévision l'ouverture des frontières, son premier réflexe est d'éteindre son poste, n'y croyant pas. Mais le lendemain, le père de sa fille l'appelle pour lui dire que le Mur est tombé et qu'elle peut venir à Paris. Dans un dernier réflexe de méfiance à l'égard du régime, Helga se pose toutefois la question de savoir "si la RDA ne va pas refermer les frontières derrière nous [les Allemands de l'Est] une fois passés à l'Ouest".

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