DERNIERE MINUTE

Citoyens, chercheurs et politiques : tous unis contre les déchets qui polluent les océans

Citoyens, chercheurs et politiques : tous unis contre les déchets qui polluent les océans
Taille du texte Aa Aa

Le Vieux-Port de Marseille renferme un secret bien peu reluisant. Des trottinettes électriques aux pneus en passant par les objets en plastique, quantité de déchets jonchent les fonds marins. Chaque année, des volontaires se rassemblent pour en récupérer le plus possible. Des centaines de plongeurs collectent ces détritus qui sont ensuite triés et recyclés ou évacués par des militants associatifs.

Lors de l'opération "Vieux-Port propre" mi-octobre, Angie Espinel Cañon, membre de la Team 13 (service civique), fait le bilan : "On a trouvé plein de trottinettes, des grillages, des canettes et des bouteilles," dit-elle avant d'ajouter : "Le but, c'est de nettoyer et on espère aussi susciter une prise de conscience chez les gens."

Isabelle Poitou, volontaire de l'association MerTerre, précise : "L'année dernière, nous avions repêché 91 m³ de déchets et l'année d'avant, c'était 131 m³ ; donc on a baissé de 40 m³ quand même. Et cette année, d'après mon expérience, je vois qu'il y en a moins," se félicite-t-elle.

La chasse aux plastiques à usage unique

Parmi les plongeurs, Alain Dumort, chef de la Représentation de la Commission européenne à Marseille.

Cet événement est une déclinaison de la campagne #EUBeachCleanup dont les schtroumpfs sont les mascottes. Objectif : informer sur les actions à mener en Europe et dans le monde contre la pollution marine.

"Tous les déchets peuvent avoir un intérêt pour le recyclage," indique Alain Dumort puis en nous montrant une assiette en plastique, il poursuit : "Ça non, malheureusement : c'est à usage unique, donc ça va directement dans la poubelle. C'est pour ça que l'Union européenne a interdit à partir de 2021, tout ce genre d'ustensiles à usage unique - les assiettes, les touillettes, les cotons tiges, etc. - : tout ce qu'on peut trouver fréquemment sur les plages sera interdit," souligne-t-il.

L'idée, c'est de faire passer des messages auprès du grand public : chaque année, des millions de tonnes de déchets provenant pour la plupart de zones urbaines finissent dans les océans. Ainsi, en 2050, il pourrait y avoir plus de plastique que de poissons dans les océans. On estime aussi que des milliers de morceaux de détritus flottent à la surface de chaque km² d'océan.

Une lutte mondiale

"Les chiffres disent que 80% des déchets que l'on retrouve en mer proviennent de la terre," explique Olivier Bianchimani, directeur de Septentrion Environnement. "Ils sont emportés par les bassins versants, les rivières et les fleuves, et par le rejet direct et vous vous doutez bien que ce n'est pas le vent qui a emporté les barrières ou les vélos," insiste-t-il.

Cette année, plus de 70 opérations de nettoyage ont été organisées par l'Union européenne et les Nations-Unies dans le monde, au Cambodge, en Argentine ou encore en Norvège. Près de 40.000 participants y ont collecté environ 850 tonnes de déchets.

"Il faut mettre [cette initiative] dans un contexte beaucoup plus large - sinon ce ne serait qu'une opération locale et effectivement, on pourrait se demander mais pourquoi l'Europe est là - ," reconnaît Alain Dumort, représentant de la Commission européenne. "Elle est là parce que justement, le problème est mondial et qu'on a tout un ensemble d'actions et de législations qui se pose au niveau international," dit-il.

Nouvelles technologies en renfort

L'Union européenne est aux avant-postes de la lutte mondiale contre les déchets dans les océans. En parallèle de sa politique pour limiter les produits plastiques à usage unique et les déchets liés aux engins de pêche perdus, elle a consacré 350 millions d'euros à la recherche et développement en la matière.

WasteShark fait partie des technologies développées avec le soutien de l'Union européenne. Ce mini-catamaran piloté à distance récupère les plastiques et les déchets qui flottent en surface.

Ses capteurs contrôlent les niveaux de pollution et d'autres indicateurs environnementaux. L'engin doté d'un moteur électrique peut collecter des centaines de kilos de détritus lors d'une seule sortie.

"On veut un bateau," précise Richard Hardiman, fondateur de Ranmarine Technologies, la start-up à l'origine du concept, "qui soit assez petit pour pouvoir accéder à des espaces exigus, en particulier dans les ports, y récupérer des déchets avant qu'ils ne soient emportés au large."

Un robot collecte les déchets de surface

Ranmarine a déjà trouvé des clients dans plusieurs pays. Ses ingénieurs peaufinent leur engin pour le rendre autonome : à terme, il pourra collecter les déchets, puis retourner à sa borne de recharge sans l'intervention d'un pilote.

"Le principe du WasteShark est très simple : il se déplace en surface et collecte les déchets," déclare Tessa Despinic, ingénieure de conception au sein de l'entreprise. "Mais la technologie qui se trouve à l'intérieur - elle - évolue constamment : on essaie de la rendre plus légère, plus performante et de simplifier sa maintenance," poursuit-elle. "On développe aussi une version autonome qui se déplacera grâce à des repères qu'on lui aura donnés, donc on travaille encore sur ce concept pour l'améliorer," insiste-t-elle.

L'équipe envisage dans un avenir proche, de déployer ses robots en groupe. "Voici ce que j'imagine pour l'avenir," fait savoir Richard Hardiman, "on pourra observer depuis une salle de contrôle, tous les drones qui fonctionneront dans le monde, connaître la quantité de déchets qu'ils collectent et mesurer l'impact concret de ces engins à l'échelle de la planète."

Les solutions technologiques et les campagnes de nettoyage jouent un rôle important, mais pour rendre nos océans plus propres, il est avant tout essentiel que l'on produise le moins de déchets possible.

Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.