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Retraites : trafic "très perturbé" pour les départs, les enfants seuls pourront partir dimanche

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Retraites : trafic "très perturbé" pour les départs, les enfants seuls pourront partir dimanche
Tous droits réservés  Christophe Ena-AP   -   Christophe Ena
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Le début du grand week-end de départs avant Noël a été marqué par de fortes perturbations à la SNCF en raison de la poursuite du conflit sur les retraites, mais les enfants voyageant seuls pourront partir dimanche grâce au "retour au travail" de certains conducteurs, au lendemain de la réunion entre Édouard Philippe et les syndicats.

Alors que plus de la moitié des conducteurs étaient encore grévistes vendredi au seizième jour de conflit, le trafic restera "très perturbé" samedi et dimanche, avec la moitié des TGV, 30% des TER (trains régionaux) et 20% des Transilien (trains régionaux en Ile-de-France) en circulation. La SNCF prévoit de faire rouler un Intercités (trains inter-régions) sur quatre.

Bonne nouvelle pour les enfants voyageant seuls

Si l'entreprise avait annoncé mercredi, pour des raisons de sécurité, la suspension pour le week-end de son service prenant en charge les enfants de 4 à 14 ans, elle a pu le rétablir pour dimanche avec 5.000 places dans 14 TGV exceptionnels.

Cette annulation avait créé une vive polémique. Le revirement de la SNCF a été "rendu possible à la suite de la trêve de Noël annoncée par une partie des conducteurs", selon la direction. Cette trêve n'est cependant que très partielle.

Trêve partielle pour certains conducteurs

Alors que le gouvernement espérait une pause de la CFDT-Cheminots, comme le souhaitait d'ailleurs le numéro un de la confédération Laurent Berger, le troisième syndicat des conducteurs a maintenu son appel à la grève car "les avancées obtenues ne sont pas suffisantes" pour garantir "l'intégralité des droits pour tous les cheminots au statut".

"Le gouvernement regrette la communication de la CFDT Cheminots visant à prolonger le mouvement social pendant la période de Noël", a réagi le ministère de la Transition écologique vendredi soir.

De leur côté, la CGT-Cheminots et SUD-Rail, premier et troisième syndicat à la SNCF, avaient déjà décidé de continuer. Et si le bureau de l'Unsa ferroviaire, deuxième syndicat de la compagnie, a invité à "une pause pour les vacances", plusieurs de ses unions locales ne sont pas sur cette ligne.

A la RATP, l'Unsa (premier syndicat) préfère laisser les assemblées générales, "souveraines, se positionner". Les deux autres syndicats représentatifs, CGT et CFE-CGC, ont eux appelé à poursuivre.

En conséquence, huit lignes de métro seront toujours fermées samedi, mais "avec une amélioration globale" tandis que dimanche le trafic sera "très réduit".

"S'arc-bouter sur l'âge pivot"

Le Premier ministre a de son côté "appelé à la responsabilité de chacun" pour que les Français puissent circuler pendant les fêtes.

Prise en compte "plus généreuse" de la pénibilité, main tendue sur la retraite progressive pour les fonctionnaires, "améliorations" concernant le minimum de pension, "marges de manoeuvre" pour parvenir à l'équilibre financier, progressivité de la réforme des régimes spéciaux... Après deux jours de rencontres avec syndicats et patronat, Édouard Philippe a relevé jeudi soir des "avancées concrètes" et promis de nouvelles réunions début janvier sur le projet, qui doit être transmis au Conseil d'État avant Noël et présenté en Conseil des ministres le 22 janvier.

Mais même pour les syndicats favorables à la réforme, le compte n'y est pas. La CFDT, a rappelé Laurent Berger, reste "fermement opposée" à l'âge d'équilibre assorti d'un bonus-malus que le gouvernement veut introduire dès 2022 et fixer à 64 ans en 2027 pour inciter chacun à travailler plus longtemps et assainir les comptes.

Le député Cédric Villani, candidat LREM dissident à la mairie de Paris, a jugé qu'il ne fallait "pas s'arc-bouter sur l'âge-pivot" et qu'il fallait "écouter la CFDT".

L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires et quatre organisations de jeunesse appellent à une nouvelle "puissante" journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles le 9 janvier.

Emmanuel Macron "doit prendre la parole pour dire 'on fait pause, on appuie sur le bouton stop, on revient autour de la table sans préalables'", a estimé Yves Veyrier, secrétaire générale de Force Ouvrière.

Vendredi soir, le ministère de la Transition écologique a appelé "à la responsabilité individuelle et collective des cheminots à l'aube des vacances et des fêtes de fin d'année".

Pour aider les commerçants et artisans affectés par la grève, la mairie de Paris a débloqué une aide de 2,5 millions d'euros.

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