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Les dauphins mieux protégés en France ?

Carcasses de dauphins communs évacuées des plages de Vendée
Carcasses de dauphins communs évacuées des plages de Vendée   -  
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Crédit : Observatoire PELAGIS/C.Dars
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Serait-ce un début de réponses des autorités ? La pêche au chalut pélagique, accusée d'être responsable de la mort de nombreux dauphins, n'est plus autorisée sur le plateau de Rochebonne, une zone naturelle sensible d'environ 100 km2 située à l'ouest de l'île de Ré, dans le département de Charente-Maritime, a annoncé ce jeudi la préfecture de la région Nouvelle-Aquitaine.

La préfecture explique dans un communiqué que "deux évolutions significatives" ont motivé sa décision de ne plus accorder d'autorisations de pêche: "les fortes mortalités de cétacés constatées l'hiver dernier" et "la protection de certaines espèces aujourd'hui considérées comme menacées (...), en particulier le bar, dans une zone de reproduction de l'espèce".

Depuis 1978, une autorisation de pêche au chalut pélagique (grand filet qui ne touche pas le fond marin) était délivrée tous les deux ans pour 60 jours, en début d'année. La prochaine campagne devait débuter le 1er janvier dans cet espace naturel sensible classé Natura 2000, situé au-delà des eaux territoriales dans le Golfe de Gascogne.

Selon le communiqué préfectoral, cette décision "a reçu le soutien des organisations régionales de pêche de Nouvelle-Aquitaine, des Pays-de-la-Loire et de Bretagne".

En mars dernier, l'observatoire Pelagis (université de La Rochelle - CNRS) avait indiqué que plus de 1 000 petits cétacés s'étaient échoués depuis le début de 2019 sur la côte atlantique. La plupart présentaient des traces de capture accidentelle par la pêche. Des marques de mailles de filets sur le corps, des nageoires amputées, des rostres cassés, ainsi que des animaux asphyxiés sont autant de signes de ces captures accidentelles ayant entraîné la mort des delphinidés.

Sea Shepherd s'est réjoui de l'interdiction du chalutage sur le plateau de Rochebonne. L'ONG est d'ailleurs à l'origine de la consultation publique qui a abouti à cette interdiction. Mais elle espère que des "contrôles fréquents" seront opérés dans cette zone pour dissuader toutes tentatives. Avant même l'officialisation de cette interdiction, l'organisation avait lancé la troisième campagne de son Opération "Dolphin Bycatch", visant à protéger les dauphins se trouvant dans le Golfe de Gascogne. Son navire, le Sam Simon, a récemment quitté le port de La Rochelle pour effectuer des patrouilles et des missions d’observations.

Au début du mois décembre, la protection des cétacés avait également été abordée lors d'un Comité interministériel de la mer organisé sous l'égide du Premier ministre français, Edouard Philippe. Ainsi pour tenter de réduire le nombre de capture accidentelles plusieurs pistes avait été avancées comme l'interdiction, dès 2020, "d’approcher les cétacés à moins de 100m dans les zones protégées" et l’installation sur les bateaux de pêche "de dispositifs de dissuasion acoustique pour éviter les captures accidentelles dans le Golfe de Gascogne".

Pour Sea Shepherd, qui souligne que l'année "2019 bat tous les records de dauphins tués depuis 30 ans", la généralisation de ces répulsifs acoustiques est une très mauvaise solution. De plus, pour la présidente de la France française de l'organisation, Lamya Essemlali, les chalutiers ne sont pas les seuls responsables, les fileyeurs et les senneurs peuvent être aussi impliqués dans ces captures de dauphins. Ainsi, affirme la responsable de l'ONG, "mis bout à bout, ce sont des milliers de kilomètres de filets qui sont déployés chaque jour dans le Golfe de Gascogne". "S'il s'agit de tous les équiper en répulsifs acoustiques, la pollution sonore de cette partie d'océan deviendra intenable pour toute la vie marine", a-t-elle ajouté.

Observatoire PELAGIS / F. Demaret
Dauphin commun échoué sur Ile de Ré (17) avec amputationObservatoire PELAGIS / F. Demaret
Les répulsifs acoustiques ne sont ni plus ni moins qu'un moyen d'éloigner les dauphins de leur zone de nourrissage pour nous laisser le loisir de prendre tout le poisson. En faisant cela, nous compromettons encore davantage leurs chances de survie.
Lamya Essemlali,
Présidente de Sea Shepherd France
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