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Réforme des retraites : la rentrée promet d'être tendue

Manifestation à Paris, le 4 janvier 2020.
Manifestation à Paris, le 4 janvier 2020.   -  
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AFP
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La rentrée lundi promet d'être chaude : le mouvement contre la réforme des retraites est désormais entré dans son deuxième mois et mise sur un regain de mobilisation, en attendant les manifestations prévues jeudi et samedi. L'exécutif assure lui "être ouvert à la discussion".

Lundi matin, le gouvernement reprend officiellement son cartable pour son premier conseil des ministres de l'année, où il va affûter sa stratégie devant un mouvement de grève entamé le 5 décembre.

Après de fortes perturbations pendant les vacances scolaires, la SNCF faisait état lundi d'une amélioration de la circulation des trains, avec 8 TGV sur 10, 2 TER sur 3, un Intercités sur 3, et en Ile-de-France un Transilien sur deux. Avec la rentrée, "le trafic est plus dense, mais ça s'écoule", commentait l'opérateur.

Côté RATP, en revanche, le trafic francilien restait "très perturbé", l'essentiel des lignes de métro n'étant ouvertes qu'aux heures de pointe ou très partiellement, tandis que la fréquence des bus était revue en baisse à 1 sur 2, contre une prévision initiale de 3 sur 4.

Conséquence: baskets, vélos et trottinettes étaient encore de sortie et les bouchons s'accumulaient de nouveau en Ile-de-France, avec plus de 400 kilomètres de ralentissement vers 09H00 selon le site d'information routière Sytadin.

Mardi, le Premier ministre Édouard Philippe ouvrira une séance de discussions au ministère du Travail, avec les partenaires sociaux, pour parler pénibilité et emploi des seniors.

Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, a répété dimanche sur LCI qu'il souhaitait le retrait de ce "mauvais" projet. Rappelant les scores de Jacques Chirac et d'Emmanuel Macron au deuxième tour de l'élection présidentielle face au FN - maintenant RN, il a averti qu'en n'écoutant pas la partie du pays opposée à cette réforme, "on joue avec le feu sur la future échéance électorale".

Age pivot et "conférence de financement"

De son côté, le RN a précisé, par la voix de Jordan Bardella, que s'il arrivait au pouvoir il "retirerait ce système à points".

L'âge d'équilibre est un "progrès social" mais si les partenaires sociaux ont "une autre idée, on prend", a déclaré ce week-end le Monsieur retraites, Laurent Pietraszewski.

Parti en guerre contre cet âge pivot, fixé à 64 ans et en dessous duquel il ne sera pas possible d'avoir une retraite à taux plein, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a réaffirmé dimanche son opposition totale à cette mesure.

Il a proposé une "conférence de financement sur les retraites", bien distincte du projet en préparation, et des discussions sur la pénibilité et l'emploi des seniors liées à l'instauration d'un régime universel.

"Une très bonne proposition", a salué lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, appelant à "saisir la main tendue par la CFDT", tout en estimant que l'âge pivot restait "une bonne solution".

Les lignes semblaient évoluer aussi du côté du Medef: "La mesure d'âge (...) c'est la seule manière intelligente de financer le régime" mais "on n'est pas arc-bouté sur l'âge pivot", a assuré son président Geoffroy Roux de Bézieux.

Dimanche, une vingtaine de députés, dont des élus LREM Jean-François Cesarini et Matthieu Orphelin, ont demandé, dans une lettre ouverte au gouvernement, une modulation de l'âge d'équilibre suivant la pénibilité.

Olivier Dussopt (Fonction publique) a garanti que le gouvernement était "ouvert au dialogue", alors que des concessions ont été faites par l'exécutif pour les policiers, les danseurs de l'Opéra, les marins ou les pilotes... Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand (LREM) a également appelé au "compromis".

"Et nous ? Et nous ?"

Dans la rue, le jeudi 9 janvier fera-t-il mieux que le jeudi 5 décembre, qui avait réuni quelque 800.000 personnes dans toute la France ?

En attendant, la Fédération CGT de la Chimie a appelé à un blocage des installations pétrolières à partir de mardi pour quatre jours. Les avocats devaient se remobiliser à compter de lundi, pour défendre leur régime autonome. Des syndicats d'infirmiers et de kinésithérapeutes ont aussi appelé à la grève.

Selon le dernier sondage publié, Ifop pour le JDD, plus de la moitié des Français (55%) souhaite que le gouvernement n'aille pas au bout de la réforme en l'état. Et le soutien à la mobilisation reste supérieur à l'hostilité.

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