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En Autriche, les classes d'enfants étrangers font débat

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En Autriche, les classes d'enfants étrangers font débat
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فرانس برس
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Faut-il apprendre ensemble, ou séparément ? C'est la question que se pose l'Autriche pour les enfants migrants. Ils sont Afghans, Bangladais, Hongrois ou Serbes, et depuis 2018, le gouvernement autrichien oblige ceux qui échouent à un test d'allemand à suivre des cours spéciaux.

Ainsi, à l'école Felbigergasse, dans un quartier favorisé de la capitale, l'institutrice Katrin Baminger passe tous les matins dans les classes récupérer une vingtaine d'élèves de 6 à 10 ans, scolarisés dans différents niveaux de cet établissement primaire.

Elle les emmène dans une salle joyeusement décorée, située au rez-de-chaussée. "Pendant trois heures, je dois leur enseigner les bases de vocabulaire pour qu'ils comprennent ce qu'on leur dit et qu'ils commencent à parler", détaille l'enseignante. "L'inconvénient, c'est que les enfants sont retirés de leur classe, pour venir dans mon cours puis retournent dans leur classe et là, ils sont perdus. Ils sont tiraillés entre deux groupes et ce n'est pas l'idéal surtout au début du parcours scolaire quand c'est déjà difficile pour un enfant de se socialiser."

Quelques 6300 enfants sont concernés par ce dispositif, mis en place par la coalition des conservateurs (ÖVP) et de l'extrême droite (FPÖ), au pouvoir de décembre 2017 à mai dernier.

Du syndicat des enseignants à l'opposition de gauche, les critiques ont plu sur le gouvernement, lorsque le dispositif a été créé. Durant le débat parlementaire, le linguiste Hans-Jürgen Krumm, ancien professeur à l'Université de Vienne, a parlé d'une "mesure de ségrégation, pas d'intégration".

Les Verts, qui ont remplacé les nationalistes comme partenaires de coalition des conservateurs, réclament des aménagements de la réforme, craignant le développement de "classes ghettos". Ils ont ainsi obtenu l'assurance d'une autonomie accrue des établissements dans la mise en application de la réforme. Toutefois, le Chancelier Kurz a promis aux Autrichiens le maintien de sa ligne de fermeté sur les questions d'immigration et d'intégration.

Certains y voient une initiative électoraliste face aux craintes des parents d'élèves de voir le niveau des classes baisser, en raison des élèves non-germanophones. Dans un sondage réalisé en 2018, plus de 80% des personnes interrogées étaient favorables aux classes séparées.

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