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À Davos, le poids géopolitique et commercial de l'UE interroge

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À Davos, le poids géopolitique et commercial de l'UE interroge
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Le leadership de l'Europe a été mis à l'honneur lors du Forum économique mondial de Davos cette année. La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui ambitionne de faire de l'Europe le premier continuent neutre en carbone d'ici 2050, a tenté d'attirer les investisseurs pour soutenir son pacte vert de 1000 milliards d'euros.

Cependant, en dépit de ces engagements ambitieux, des doutes persistent quant au poids géopolitique et commercial de l'UE.

Dans un débat organisé au Forum économique mondial animé par notre journaliste Isabelle Kumar, quatre intervenants se sont penchés sur la question de la place de l'Europe dans l'environnement commercial mondial. Le panel est composé de Pekka Haavisto, ministre des affaires étrangères de la Finlande, Miroslav Lajčák, ministre des Affaires étrangères et européennes de Slovaquie, Emma Marcegaglia, présidente du Conseil d'administration de l'entreprise Eni, et William Burns, président de Carnegie Endowment For International Peace.

Environnement : fixer un prix sur le carbone

Les ambitions de l'Union européenne en matière climatique font d'elle la pionnière de la lutte environnementale. "Cela pourrait nous apporter de nouveaux secteurs industriels et de nouvelles possibilités" estime Pekka Haavisto, ministre des Affaires étrangères finlandais.

"J'utilise toujours la Californie comme exemple sur les problèmes d'émissions des voitures. Aux États-Unis, c'est un État qui a élaboré sa propre législation et qui a déclenché tous les changements dans l'industrie automobile. Toyota a été assez rapide pour réagir à cela, mais l'industrie automobile européenne a été beaucoup plus lente" déplore-t-il. Mais le diplomate est persuadé que l'Europe doit faire "ce pas en avant" vers la neutralité, tout en se disant d'accord sur l'idée de fixer un prix au carbone.

"L'Europe est plus influente, plus puissante lorsqu'elle agit dans l'unité, lorsqu'elle inspire le reste du monde, lorsqu'elle propage son soft power" lance Miroslav Lajčák, ministre des Affaires étrangères slovaque, qui voit dans la lutte climatique, un moyen pour l'Europe de reprendre un rôle de leader global.

"Dans les accords de libre-échange avec tous nos partenaires, nous devons fixer des normes sur le prix du carbone. Nous devons faire des normes sur ces choses" analyse Emma Marcegaglia, présidente du Conseil d'administration de l'entreprise Eni. La "diplomatie climatique" quelle suggère, ne pourrait pas se faire de manière isolée. "Nous pouvons aller vers le zéro (neutralité carbone), mais si nous n'avons pas à bord les autres parties du monde, nous ne gagnerons pas la bataille" estime-t-elle.

Bruxelles, Washington et le multilatéralisme

Le mode de gouvernance instauré par Donald Trump, basé sur le bilatéralisme et le repli sur soi a eu de quoi déstabiliser l'Europe. "Le style de la nouvelle administration américaine a produit beaucoup de désaccords entre les États-Unis et l'Europe, ce à quoi nous ne sommes pas habitués. Mais la bonne chose et l'effet positif est que l'Europe se rend compte qu'elle doit devenir plus indépendante, plus émancipée" affirme Miroslav Lajčák.

William Burns, de l'institut Carnegie, estime qu'un "nouveau pacte dans les relations transatlantiques" est nécessaire. "Il va falloir un nouvel équilibre dans la relation, et c'est, encore une fois aux Européens avec l'OTAN, mais aussi à l'Union européenne elle-même, d'être prêtes à prendre plus de risques, à assumer plus de responsabilités" estime-t-il.

Pour autant, les intervenants semblent d'accord sur le fait que l'OTAN doive rester la seule alliance militaire pour l'Europe.

"Nous ne devons pas essayer de construire une structure parallèle. Et il n'y aura pas deux budgets de défense, pas deux états-majors, etc. Nous devons renforcer davantage le pilier européen sous le parapluie de l'OTAN" d'après Miroslav Lajčák.

Commerce : ne pas se retrouver au milieu de la guerre USA/Chine

"Si nous sommes passifs, silencieux, alors nous serons vus comme inutiles ou nous serons obligés de suivre les politiques américaines sur la Chine" lance Miroslav Lajčák. "La politique américaine sur la Chine n'est pas la politique de l'UE sur la Chine" poursuit-t-il, craignant que l'Europe devienne un "terrain de jeu" des deux puissances.

Nous ne devons pas choisir entre "l'un ou l'autre" indique-t-il. "Pour nous, la Chine est un défi d'une part, mais c'est aussi une terre d'opportunités d'autre part [...] ce n'est pas un hasard si l'Union européenne va avoir deux sommets avec la Chine cette année" conclut-il.

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