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Le parlement syrien reconnaît le génocide des Arméniens

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Le parlement syrien reconnaît le génocide des Arméniens
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LOUAI BESHARA / AFP
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Le Parlement syrien a officiellement reconnu jeudi le génocide des Arméniens de 1915, sur fond de vives tensions avec la Turquie après des affrontements meurtriers dans le nord-ouest de la Syrie.

"Le Parlement (...) condamne et reconnaît le génocide commis contre les Arméniens par l'Etat ottoman au début du XXe siècle", a indiqué le Parlement syrien dans un communiqué.

Un mémorial du génocide des Arméniens à Deir-Ezzor

Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d'Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l'Empire ottoman, alors allié à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. Dès 1915, des massacres et des déportations de masse ont été ordonnées vers des camps de concentration dans le désert syrien, qui faisait à cette époque partie de l'Empire ottoman. De son côté la Turquie reconnaît des massacres mais récuse toujours le terme de génocide.

À Deir-Ezzor, un mémorial du génocide arménien avait été érigé, avant d'être détruit par le groupe Etat islamique (EI).

Cette reconnaissance intervient dans un contexte de fortes tensions entre la Turquie et la Syrie. Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de frapper "partout" le régime syrien en cas de nouvelle attaque contre les forces turques déployées dans le nord syrien, après la mort de plusieurs de ses soldats.

Il a en outre réitéré un ultimatum au régime, le sommant de se retirer de certaines positions dans la région d'Idlib d'ici fin février, et menaçant de l'y contraindre en faisant "tout ce qui est nécessaire".

"Nous vivons actuellement une agression turque qui repose sur la même pensée ottomane haineuse", a déclaré jeudi le chef du Parlement syrien, Hammouda Sabbagh. Cette "agression" rappelle "les crimes commis par les ancêtres d'Erdogan contre le peuple arménien", assure-t-il.

Tensions à Idlib

La Turquie, qui soutient la rébellion syrienne contre le régime de Bachar al-Assad, a lancé depuis 2015 trois opérations militaires en Syrie contre l'EI et les combattants kurdes qu'Ankara qualifie de "terroristes".

A l'issue de la dernière offensive --stoppée net après deux accords conclus séparément avec Washington et Moscou--, les forces turques se sont emparées d'une bande frontalière de 120 kilomètres à l'intérieur du territoire syrien le long de sa frontière sud.

Depuis le début de l'offensive lancée à la mi-décembre par Damas et Moscou contre la région d'Idlib, dernier bastion en partie sous contrôle djihadiste et rebelle en Syrie, la Turquie tente de freiner l'avancée des forces du régime, qui contrôlent désormais près de la moitié de la province.

Elle a ainsi déployé des renforts massifs dans cette région du nord-ouest syrien où elle détient déjà 12 postes d'observation. Depuis début février, lors d'attaques menées par Damas dans la région d'Idlib, 14 soldats turcs ont été tués et 45 blessés.

Mardi, un hélicoptère du régime syrien a été abattu par des tirs de roquettes dans la région, une attaque ayant tué trois pilotes selon le quotidien prorégime al-Watan, et imputée par les médias turcs aux rebelles pro-Ankara.

Génocide des Arméniens : reconnaissance internationale

Près de trente pays ont déjà adopté des lois, des résolutions ou des motions reconnaissant le génocide des Arméniens. En décembre, le Congrès américain l'a à son tour reconnu, suscitant l'ire de la Turquie.

Ankara reconnait qu'entre 300.000 et 500.000 personnes ont péri non pas dans une campagne d'extermination mais à la suite du chaos des dernières années de l'Empire ottoman.

De nombreux historiens et universitaires ont toutefois conclu que la déportation et le massacre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale répondait à la définition juridique du génocide.

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