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France : mobilisations contre le "passage en force" du gouvernement sur la réforme des retraites

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Le gouvernement affronte mardi deux motions de censure à l'Assemblée et de nouvelles manifestations plutôt clairsemées des opposants à la réforme des retraites, après le recours à l'arme du 49-3.

Après treize jours d'un parcours hors norme à l'Assemblée nationale en première lecture pour cette réforme emblématique visant à créer un système "universel" par points, Edouard Philippe a signé samedi la fin de la partie avec le recours surprise à cet outil constitutionnel permettant de faire adopter le texte sans vote.

Aussitôt, LR et les trois groupes de gauche, PS, PCF et LFI, ont déposé des motions, qui seront débattues jusque tard dans la soirée. Dès la séance des questions au gouvernement, Adrien Quatennens (LFI) a fustigé l'usage de ce "LBD parlementaire", le Premier ministre le renvoyant à l'"obstruction" assumée de son camp.

Passage en force

Dans le même temps, les organisations syndicales, mobilisées depuis le 5 décembre contre le projet, ont appelé à manifester partout en France contre ce "passage en force". Ils étaient quelques milliers à Marseille. A Paris, le cortège, où certains clamaient "49-3 ou pas, on n'en veut pas", était assez peu fourni.

À l'Assemblée nationale, les motions feront l'objet d'une discussion commune lancée par Damien Abad (LR) et André Chassaigne (PCF), selon qui "les ennemis de la République, c'est pas nous mais c'est le Premier ministre et le gouvernement".

Avant les votes sur chacune dans la soirée, le Premier ministre donnera la réplique. Il avait expliqué samedi vouloir mettre un terme à un "non-débat".

Le rejet des motions ne fait aucun doute : ni LR avec 104 députés, ni la gauche avec 63 élus, ne peuvent rassembler la majorité de 289 voix requise pour faire chuter le gouvernement.

"Combat politique très intense"

La séquence se déroule dans un climat déjà tendu pour l'exécutif, entre nouveau coronavirus et élections municipales. En interne, la majorité, qui a découvert quasi en direct samedi le recours au 49-3, est aussi confrontée à un enjeu de cohésion, avec deux nouveaux départs d'élus annoncés lundi, l'un restant toutefois "apparenté" au groupe.

Lors de la réunion hebdomadaire des députés LREM, Edouard Philippe les a appelé à "rester soudés", évoquant "une période de combat politique très intense, parfois très dure y compris physiquement", selon des propos rapportés.

Dans une "ambiance très froide", selon un participant, le chef du gouvernement a défendu le recours au 49-3 en soulignant qu'"il y a de la place" pour que la discussion "se poursuive", notamment au Sénat.

Les députés ont encore au menu à partir de mercredi le projet de loi organique, objet de 1 800 amendements, qui pourrait ne pas pouvoir être achevé d'ici à dimanche soir et reprendre après la trêve des municipales fin mars, de source parlementaire. Le gouvernement vise toujours une adoption définitive avant l'tété.