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Coronavirus : plus de 45 000 morts et pression anti-confinement aux Etats-Unis

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Virus Outbreak New York
Virus Outbreak New York   -   Tous droits réservés  Mark Lennihan/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Le retour à la vie normale en toute sécurité est-il envisageable ? Cette question est de plus en plus pressante aux Etats-Unis, alors que le pays a recensé ce mercredi 2 139 décès dus au coronavirus en 24 heures. Ce bilan est très légèrement en baisse par rapport à la veille (2 350‬), selon le comptage de l'université Johns Hopkins qui fait référence.

Ces nouveaux morts portent à 46 583 le nombre total de décès recensés depuis le début de la pandémie aux Etats-Unis, pays officiellement le plus endeuillé au monde par le Covid-19. La première puissance économique compte désormais plus de 842 376 personnes infectées par le virus, selon le comptage, actualisé en continu. Près de 4,5 millions de personnes ont été testées dans le pays.

New York est l'épicentre de l'épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis, même s'il semble que l’Etat ait surmonté le pire de la crise. Mais dans certaines régions du pays particulièrement touchées, les hôpitaux ont encore du mal à répondre à l'afflux de patients, alors que les Etats-Unis avaient enregistré l'un de ses pires bilans journaliers mardi dernier, avec plus de 2 700 décès.

Lors de sa dernière conférence de presse le président des Etats-Unis a affirmé que si "la courbe avait été aplatie", il fallait toutefois "se prémunir contre un dangereux rebondissement".

La crainte d'une deuxième vague reste en effet très forte. Un haut responsable américain de la santé publique, Robert Redfield le directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), a ainsi dit redouter pour l'hiver prochain un épisode "encore plus difficile que celui que nous venons de vivre", en raison d'une possible coïncidence avec la grippe saisonnière.

En outre, des autopsies pratiquées en Californie sur des décès suspects remontant à février ont révélé que ces personnes avaient été infectées par le nouveau coronavirus avant le début officiel de l'épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis.

Cette découverte tardive implique qu'il y avait probablement de nombreux cas sur la côte ouest des Etats-Unis dès le début ou le milieu de janvier. Le bilan officiel actuel de plus de 45 000 morts est ainsi probablement en dessous de la réalité.

Rouvrir coûte que coûte ?

Le locataire a la Maison-Blanche a aussi indiqué hier que de "récentes tendances prometteuses suggèrent que d'autres États seront bientôt en mesure de rouvrir progressivement et en toute sécurité".

Donald Trump avait déjà jugé la semaine dernière qu'il était temps de faire "redémarrer l'Amérique", en laissant chacun des gouverneurs prendre la décision selon la gravité de l'épidémie dans son Etat.

Certains ont rapidement commencé à relâcher les règles de distanciation. Des plages de Floride ont été autorisées à rouvrir dimanche dernier, les gouverneurs du Texas et du Vermont ont prudemment relancé certaines activités dès lundi tandis que la Géorgie ira plus loin vendredi.

Coiffeurs, salons de beauté et de tatouage, bowlings et autres petits commerces pourront ouvrir leurs portes bien que cet Etat du Sud ne réponde pas aux recommandations de la Maison Blanche, qui préconise notamment d'enregistrer 14 jours de baisse du nombre d'infections avant d'assouplir les mesures.

Son gouverneur républicain, Brian Kemp, a toutefois conseillé aux employés de respecter des distances de sécurité mais elles semblent difficiles à maintenir dans certaines de ces professions.

Cette décision de rouvrir les commerces en Géorgie a été critiquée par des responsables locaux et même par Donald Trump, pour qui la mesure est précipitée en pleine pandémie.

Mais la critique la plus virulente faîte aux Etats qui se préparent à une "réouverture" par le gouverneur de l'Etat de New York. Andrew Cuomo a ainsi lancé cet avertissement retentissant : "Nous ne pouvons pas être stupides".

"Je comprends la pression" que peuvent ressentir gouverneurs pour assouplir les règles, a déclaré le gouverneur démocrate, tout en rejetant catégoriquement l'argument voulant que la paralysie de l'économie et le confinement soient pire que le risque de voir l'épidémie se propager.

"Liberté plutôt que peur"

Dans les Etats encore sous ordre de confinement, des Américains multiplient depuis plusieurs jours les manifestations pour appeler à relancer l'économie.

"Nous avons besoin d'emplois. Les gens ne peuvent pas payer leurs loyers, ils ne peuvent pas s'acheter de nourriture", a déclaré Jason Roberge, venu protester mercredi à Richmond, capitale de la Virginie.

"Liberté plutôt que peur", pouvait-on lire sur la pancarte brandie par un homme tandis que des automobilistes, agitant drapeaux américains ou au nom de Donald Trump, klaxonnaient.

Pour soutenir les petites entreprises en détresse et tenter de garantir leurs emplois, le Congrès doit approuver jeudi un nouveau plan d'aide de près de 500 milliards de dollars, qui financera aussi les hôpitaux et renforcera la capacité de dépistage, un facteur jugé crucial pour pouvoir relancer l'activité économique.

Donald Trump, pour "protéger les merveilleux travailleurs américains" a signer ce mercredi un décret suspendant de manière temporaire l'immigration. Une mesure censée, selon le président des Etats-Unis, les "emplois américains" en pleine crise du coronavirus. Plus de 22 millions d'Américains ont perdu leur emploi depuis que la crise du coronavirus a soudainement paralysé l'économie.