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Ecoles, transports, sorties, etc. : les points clés du déconfinement en France

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Le Premier ministre français, Edouard Philippe, à l'Assemblé nationale, le 28 avril 2020.
Le Premier ministre français, Edouard Philippe, à l'Assemblé nationale, le 28 avril 2020.   -   Tous droits réservés  David Niviere, Pool via AP
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Le Premier ministre français a présenté ce mardi les grandes lignes du plan de déconfinement que son gouvernement entend mettre en place en France à partir du 11 mai. A cette date, un retour à une vie normale est exclu. La sortie du confinement, en vigueur depuis le 17 mars, sera progressive et différenciée en fonction des territoires, selon les propositions d'Edouard Philippe.

L'Assemblée nationale a validé ce plan par 368 voix contre 100, et 103 abstentions.

En résumé : voici les points clés du discours du Premier ministre Edouard Philippe sur le déconfinement en France

  • Le Premier ministre a annoncé qu'il serait possible de circuler sans attestation à partir du 11 mai, sauf "pour les déplacements à plus de 100 km du domicile, qui ne seront possibles que pour un motif impérieux, familial ou professionnel".
  • Les déplacements interdépartementaux ou interrégionaux seront réduits "aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus", à la fin de la période de confinement le 11 mai.

  • Le port du masque sera obligatoire pour tous les passagers dans les transports publics pendant les trois semaines suivant la fin du confinement le 11 mai. Transports publics toujours, leur capacité va être drastiquement réduite pendant au moins les trois semaines suivant la fin du confinement le 11 mai, afin de respecter la distanciation sociale.

  • Le Premier ministre demande aux plus de 65 ans de continuer à limiter leurs contacts et sorties.

  • "Les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront limités à 10 personnes", à partir du 11 mai.

  • Les crèches rouvriront à partir du 11 mai dans le cadre du déconfinement progressif, dans la limite de dix enfants maximum par espace et avec port du masque obligatoire pour les professionnels de la petite enfance.

  • Concernant le système scolaire, Edouard Philippe propose de rouvrir très progressivement les maternelles et les écoles élémentaires à compter du 11 mai, partout sur le territoire, et sur la base du volontariat. Puis le 18 mai, "mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible", les collèges, en commençant par la 6ème et la 5ème, pourront rouvrir. Quant aux lycées, la décision sur une possible réouverture sera prise fin mai. Le masque sera, lui, "obligatoire à partir du collège”.

  • "La saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra pas reprendre" a annoncé le Premier ministre. Par ailleurs, "pour donner aux organisateurs d’événements de la visibilité, je veux préciser que les grandes manifestations sportives (...), tous les événements qui regroupent plus de 5 000 participants et font à ce titre l'objet d'une déclaration en préfecture et doivent être organisés longtemps à l'avance, ne pourront se tenir avant le mois de septembre".

  • Les grands musées, les salles de cinéma, de concert et les théâtres resteront fermés après le 11 mai, et ce pour une durée encore indéterminée, contrairement aux médiathèques, bibliothèques et petits musées qui pourront rouvrir leurs portes, a expliqué le Premier ministre.

  • Tous les commerces, sauf les cafés et restaurants, pourront rouvrir à compter du 11 mai mais avec des mesures de protection sanitaire, notamment le port du masque, recommandé pour le personnel et les clients si la distanciation est impossible.

  • Les plages, fermées depuis le début du confinement, resteront "inaccessibles au public au moins jusqu'au 1er juin". Les parcs et jardins " ne pourront rouvrir que dans les départements où le virus ne circule pas de "façon active".

  • Les cérémonies religieuses, comme les baptêmes ou mariages, ne pourront se dérouler "avant le 2 juin". "Les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées" après le 11 mai, mais "comme aujourd'hui dans la limite de 20 personnes". Les cimetières, eux, “seront à nouveau ouverts au public dès le 11 mai".

  • Le Premier ministre a demandé mardi "avec insistance" aux entreprises de maintenir le télétravail "partout où c'est possible, au moins dans les trois prochaines semaines".

  • Enfin, après cette première phase de déconfinement le 11 mai, une nouvelle étape s'ouvrira le 2 juin pour trois semaines, avec de nouvelles mesures qui dépendront du niveau de l'épidémie.

Pour plus de détails :

Edouard Philippe a commencé son discours en déclarant qu'un "confinement prolongé" aurait des "conséquences gravissimes". Le Premier ministre a mis en garde contre "le risque de l'écroulement" de l'économie sans déconfinement, mais en ajoutant que les Français allaient devoir "vivre avec le virus" dans les semaines et les mois à venir.

"Protéger, tester et isoler"

La circulation du virus n'est pas "uniforme dans le pays" a indiqué le Premier ministre. Le principe du déconfinement présenté par Edouard Philippe sera "Agir progressivement, adapter localement". Ce plan reposera sur trois points : protéger, tester et isoler.

Les personnes symptomatiques seront massivement testées. Des "brigades" pour identifier leurs contacts seront également mises en place. "Dès lors qu’une personne aura été testé positive, nous engagerons un travail d’identification et le test de tous ceux, symptomatiques ou non, qui auront eu un contact rapproché avec elle", et qui seront à leur tour "testés" et "invités à s’isoler" a précisé le Premier ministre.

Le port du "masque préférable" dans "de nombreuses circonstances"

Edouard Philippe a affirmé qu'il était "préférable", dans "de nombreuses circonstances", de "porter un masque" comme le recommandent désormais les scientifiques, et a assuré qu'il y aurait "assez de masques dans le pays pour faire face aux besoins à partir du 11 mai".

"Progressivement, nous parviendrons à une situation classique, où les Français pourront sans risque de pénurie se procurer des masques grand public dans tous les commerces", a-t-il assuré devant les députés, en invitant les entreprises "à veiller à équiper leurs salariés" et les particuliers "à se confectionner eux-mêmes des masques".

Le déconfinement sera différencié le 11 mai entre les départements "vert", où il sera appliqué largement, et "rouge", où il prendra une forme plus stricte, a annoncé Edouard Philippe.

Pour cela, trois critères seront étudiés le 7 mai pour déterminer dans quel département "la circulation du virus reste active", "les capacités hospitalières en réanimation restent tendues" et "le système local de tests et de détection des cas contacts ne soit pas suffisamment prêt", a précisé le Premier ministre.

"Décourager les déplacements entre départements"

"Nous allons continuer à réduire l'offre, à exiger une réservation obligatoire dans tous les trains --TGV ou non--, à décourager les déplacements entre départements", a également déclaré Edouard Philippe à l'Assemblée nationale, précisant notamment que les Français ne devront pas quitter leur département lors du pont de l'Ascension.

Le vote sur STOPCOVID repoussé

Concernant le projet d'application de traçage "STOPCOVID", le Premier ministre a indiqué qu'elle était "toujours en développement". En outre, il a reconnu que les questions autour de cette application, notamment "en termes de libertés" étaient "fondées". Débat et vote sur la question sont donc "prématurés". "Un débat spécifique suivi d'un vote spécifique" seront organisés lorsque cet outil sera au point.

Revoir le discours d'Edouard Philippe :

Après 43 jours de confinement pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, les interrogations des Français étaient nombreuses, à l'image du port du masque obligatoire, de la réouverture controversée des écoles, ou de la question des déplacements inter-régionaux.

Les annonces d'Edouard Philippe interviennent dans un climat de défiance envers son gouvernement. En effet, 65% des Français jugent que l'exécutif n'est "pas à la hauteur" depuis le début de la crise du coronavirus, selon le baromètre politique Odoxa-CGI publié ce mardi 28 avril.