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Y-a-t-il trop de masques en France aujourd'hui ?

Par Vincent Coste
Photo d'illustration - Paris, le 11 mai 2020.
Photo d'illustration - Paris, le 11 mai 2020.   -   Tous droits réservés  PHILIPPE LOPEZ/AFP
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Après le temps de la pénurie, voici celui du surplus. Au plus fort de la crise, lorsque les masques étaient une denrée pratiquement introuvable dans l'Hexagone, de nombreux industriels de la filière textile ont changé leurs chaînes de production pour fabriquer des masques en tissu. Mais aujourd'hui, 40 millions de masques textiles "Made in France" n'auraient pas trouvé preneur selon l'Union des industries de cette filières (UIT).

LUDOVIC MARIN/AFP or licensors
Le président français, Emmanuel Macron, portant un masque fabriqué par l'entreprise française Elacio lors de sa visite d'une usine de Valéo à Etaples, le 26 mai 2020.LUDOVIC MARIN/AFP or licensors

Face à ce constat, la "madame masque" du gouvernement français, Agnès Pannier-Runacher (secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie) a déclaré ce lundi qu'il fallait convaincre les grandes entreprises, ayant des centaines de salariés à protéger, "d'utiliser des masques lavables, réutilisables" et non passer commande de masques chirurgicaux à usage unique souvent importés de Chine.

Pour les entreprises textiles françaises qui se sont lancées dans la production de masques, leurs produits présentent un bilan écologique bien meilleur, eu égard à leur production locale et leur faible bilan carbone en matière de transport. Ces sociétés assurent, en outre, que les prix pratiqués sont également compétitifs, en ajoutant que le fait de produire ces équipements de protection avait permis de maintenir l'emploi.

Agnès Pannier-Runacher a également indiqué que cette surproduction ne concernait que 10% des entreprises qui ont participé à cet effort de "guerre". Les industriels, eux, attendent que le gouvernement communique mieux pour inciter à acheter français. Parmi les pistes évoquées pour écouler les invendus, les acteurs du secteur demandent à l’Etat de les acheter pour alimenter le “stock de précaution de masques”, qui pourrait être mobilisable en cas de nouvelle vague de contamination. L’exportation de ces produits a été aussi évoquée, mais à l'international, la baisse de la demande se fait également sentir.

Une mission ministérielle a été confiée à deux entrepreneurs, dont le président de l'UIT, pour ajuster l’offre à la demande tout au long des mois à venir.