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Brexit : Londres clôt la question d'une prolongation du divorce

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Euronews via AP - Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit
Euronews via AP - Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit   -   Tous droits réservés  Yves Herman/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Le sujet est clos : le Royaume-Uni a "formellement" signifié à l'Union européenne vendredi son refus de prolonger au-delà de la fin de l'année la période de transition post-Brexit, renforçant les craintes d'une rupture douloureuse dans leurs échanges.

Après la sortie de l'UE le 31 janvier dernier, Londres a continué d'appliquer les règles européennes et négocie avec Bruxelles les modalités de leur nouvelle relation, notamment concernant leurs échanges commerciaux, sans avancée significative.

"Nous ne pensons pas que prolonger la période de transition soit la bonne chose à faire. (...) Nous quittons la période de transition le 31 décembre" a affirmé le ministre britannique en charge du Brexit Michael Gove ce vendredi. "Cela apporte clarté et certitude aux entreprises. Et notre annonce aujourd'hui permet aux entreprises de se préparer de manière appropriée et flexible pour notre départ de l'Union européenne alors que nous reprenons le contrôle".

Il "n'aurait pas pu être plus clair"

Avant un mini-sommet virtuel réunissant lundi le Premier ministre Boris Johnson et les dirigeants de l'UE, la question du calendrier a été écartée. Comme le gouvernement britannique le martèle depuis des mois, il ne compte pas demander de prolongation de la période de transition au delà du 31 décembre, comme il peut le faire en théorie jusqu'à fin juin.

Le ministre d'Etat Michael Gove a indiqué l'avoir "officiellement confirmé" lors d'une réunion virtuelle avec le vice-président de la Commission européenne chargé des relations institutionnelles, Maros Sefcovic. "C'est réglé", a-t-il insisté à la télévision. Michael Gove "n'aurait pas pu être plus clair", a constaté Maros Sefcovic devant la presse. "Je le prends comme la conclusion définitive de cette discussion."

Sur Twitter, le négociateur européen Michel Barnier "a pris note de la décision britannique de ne pas prolonger". "Nous devons maintenant faire des progrès sur le fond", a-t-il averti.

Depuis le mois de mars, quatre sessions de négociations entre Londres et l'UE, à raison d'une semaine par mois, n'ont pas permis d'enregistrer des progrès sur les points les plus conflictuels de l'accord de libre-échange espéré.

Parmi eux, les garanties de concurrence équitable exigées par l'UE en échange d'un accord commercial sans quotas ni droits de douane pour éviter de voir surgir une économie dérégulée à sa porte, le règlement des différends entre les deux parties ou la question explosive de la pêche.

"Ils veulent profiter de tous les avantages, même s'ils ne sont plus membres de l'Union européenne et sans condition" critique Kati Piri, membre néerlandaise du parlement européen. "Nous sommes déjà à mi-chemin de la période de transition et, malheureusement, nous avons eu quatre cycles de négociations et nous sommes en fait dans un immobilité complète" déplore-t-elle.

Faute d'accord, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés, s'appliqueraient aux relations commerciales entre ces anciens partenaires. De quoi affaiblir des économies déjà frappées de plein fouet par la pandémie de nouveau coronavirus.

Écosse et Pays de Galles inquiets

Lundi, des discussions, les premières à ce niveau, se tiendront par visioconférence entre Boris Johnson, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen (représentant les 27 Etats membres) Charles Michel et celui du Parlement européen, David Sassoli. Michel Barnier assistera aussi à cette réunion, selon une source européenne.

Constatant une nouvelle fois l'absence de progrès début juin, à l'issue d'une nouvelle session de négociations par visioconférence --un format qui a pesé sur les échanges-- les deux camps avaient décidé de changer de braquet, dans l'espoir d'aboutir à un accord fin octobre.

Cela laisserait suffisamment de temps aux Etats membres et au Royaume-Uni pour ratifier un éventuel texte avant la fin de l'année. A côté des négociations formelles chaque mois --fin juin, en juillet et en août-- se tiendront des réunions en format plus restreint, à la fois à Londres et Bruxelles "si les conditions sanitaires le permettent", selon Londres.

Pour ne pas pénaliser les entreprises déjà victimes des effets économiques de la pandémie de nouveau coronavirus, le gouvernement britannique a annoncé vendredi que les contrôles douaniers des biens importés de l'UE ne seraient pas introduits brutalement mais par étapes sur les six premiers mois de 2021.

Selon le Financial Times, un "régime provisoire plus léger" est prévu pour les biens importés de l'UE dans les ports d'entrée comme Douvres (sud), qu'il y ait ou non un accord conclu avec l'Union européenne. En revanche, il est toujours prévu que les biens exportés du Royaume-Uni dans l'UE soient soumis à des contrôles complets.

"Nous avons conscience de l'impact que le coronavirus a eu sur les entreprises britanniques et lorsque nous reprendrons le contrôle de nos lois et de nos frontières à la fin de cette année, nous adopterons une approche pragmatique et flexible pour aider les entreprises à s'adapter aux changements et aux opportunités (créées par le fait) d'être en dehors du marché unique et de l'union douanière", a dit une source gouvernementale à l'AFP.

Malgré ces assurances, les chefs des gouvernements écossais et gallois ont écrit une lettre commune à Boris Johnson vendredi pour le prier de demander à l'UE une prolongation de la période de transition, afin de soutenir les entreprises.

"Nous pensons que sortir de la période de transition à la fin de l'année serait extraordinairement imprudent", ont écrit la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon et son homologue gallois Mark Drakeford.