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En Islande, les touristes reviennent pour une reprise du secteur

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En Islande, les touristes reviennent pour une reprise du secteur
Tous droits réservés  Egill Bjarnason/AP
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Le tourisme redémarre prudemment en Islande, les premiers voyageurs atterrissent cette semaine. Le pays a rouvert ses frontières, lundi, aux ressortissants européens de l'espace Schengen, trois mois après sa fermeture. Un vrai soulagement pour le secteur, essentiel à l'économie locale.

Les premiers touristes se disent satisfaits. Arrivé depuis Londres à l'aéroport international de Keflavik, ce Suédois de 27 ans a été l'un des premiers à poser le pied sur le sol islandais. Daniel Haj a dû se soumettre aux tests :"Je ne peux pas dire que c'était confortable (...) mais si c'est ce que l'on doit faire pour pouvoir faire le tour de l'île, je suis content de le faire".

Aujourd’hui, l'Islande ne compte que quatre cas actifs au Covid-19. L'économie a pu reprendre : lycées, universités, musées, salons de coiffure ont rouvert début mai, discothèques et salles de sport ont suivi.

Pour Hilmar Stefánsson, PDG de Special Tours Reykjavik, "Il faudra au moins deux-trois ans pour que le secteur du tourisme se rétablisse. Et cet été ne sera pas le meilleur, c'est sûr".

Des restrictions à la descente de l'avion

En 2019, l'Islande avait accueilli près de deux millions de visiteurs, soit six fois plus que la population du pays. Cet été, la banque centrale prévoit moins de 400 000 touristes. Du jamais-vu depuis 15 ans.

Mais chaque nouvel arrivant doit passer par la case dépistage. Un choix leur est alors proposé. Le premier est la mise en quarantaine durant deux semaines. La seconde option est le test à la descente de l'avion. Entièrement pris en charge par l'Etat jusqu'au 1er juillet, les touristes devront ensuite débourser 15 000 couronnes, soit environ 100 euros. En cas de test positif, un centre d'isolement est prévu et il sera entièrement gratuit.

Le gouvernement s'attend à 500 voyageurs par jour et table sa capacité maximale quotidienne à 2 000 tests. Si la réouverture des frontières semble inévitable, les dépistages font réagir à l'intérieur des frontières. "Cela pose des problèmes pratiques : ça ralentit le voyage, ça pèse sur tout le monde et ça coûte beaucoup d'argent" tempête Skarphédinn Berg Steinarsson, directeur de l'Office du tourisme islandais.

De son côté, Páll Matthíasson, directeur de l'hôpital universitaire d'Islande, craint une pénurie de personnel, en congé, si l'épidémie devait repartir. "La réouverture du pays est un défi" pour les hôpitaux, dit-il, prudent.

Des voix au sein de la communauté médicale se sont aussi élevées pour remettre en cause l'efficacité des tests. Certains médecins craignent que des voyageurs, en réalité positifs au Covid-19, ne soient testés négatifs et propagent le virus. "Si certaines personnes passent entre les mailles du filet, notre expérience de la première vague montre que ce ne serait pas si catastrophique", plaide Kári Stefánsson, PDG de DeCODE Genetics. Sa société, spécialisée dans l'analyse du génome, a contribué à mettre l'Islande dans le peloton de tête du dépistage, avec 17 % de sa population testée.

Mais la reprise était nécessaire, voire indispensable au vu des conséquences de la pandémie sur le tourisme. Malgré les 19 millions débloqués par le gouvernement, les professionnels du secteur tablent sur une baisse de 60 % de leur revenu en 2020.