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Grèce : quand tricher devient tout un art...

Un des présentoir du "musée de la triche", une exposition organisée par l’université grecque de Thessalonique.
Un des présentoir du "musée de la triche", une exposition organisée par l’université grecque de Thessalonique.   -   Tous droits réservés  Dimitris Mardas/Athens News Agency
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Soyons honnêtes, nous avons tous songé un jour à tricher lors d'un examen. En Grèce, la triche, la gruge fait même l'objet d'une exposition organisée par... l'Université de Thessalonique ! En effet, les "carottes" et autres stratagèmes employés par les étudiants démasqués par les professeurs et autres examinateurs sont présentés au grand jour. Et à regarder de plus prêt, certaines de ces "pièces" sont littéralement des pièces d'art.

Cette exposition unique en son genre offre un panorama des "prises" réalisées depuis 1984 par le département de sciences économiques. Plus de 200 témoignages, choisis pour leur ingéniosité ou leur beauté sont ainsi mis en lumière. Ces sommets d'astuce ont été classés en 32 catégories.

Dimitris Mardas/Athens News Agency
Créations ingénieuses des étudiants de Thessalonique exposées au publicDimitris Mardas/Athens News Agency

Parmi, les plus belles réalisation machiavéliques de ces étudiants grecs qui, malheureusement, se sont fais "choper", trône dans ce panthéon de la filouterie, un véritable parchemin réalisé sur du papier de riz à l'aide d'un stylo à mine microscopique. L'histoire ne dit pas si l'étudiant qui a réalisé cette prouesse avait besoin d'une loupe pour se déchiffrer...

Une autre confection réalisée avec brio est un stylo judicieusement modifié pour y enrouler l'objet du larcin. Mais la palme de l'exposition est sans doute ce "pense-bête" réalisé sur un papier long de deux mètres tels les antiques volumens. Comme pour ces derniers, le texte de cette version contemporaine modèle réduit est enroulé sur deux axes.

Dimitris Mardas/Athens News Agency
Les visiteurs seront émerveillés devant ces "carottes" et autres grugesDimitris Mardas/Athens News Agency

Parfois face à tant de créativité, les enseignants ne sont pas restés insensibles. Dimitris Mardas, professeur associé au département d'économie de l'université de Thessalonique, a ainsi confié avoir parfois donné des bonnes notes aux étudiants pour leur imagination, leur ingéniosité et leur sens artistique.

Concernant le fameux volumen, Dimitris Mardas qui est à l'origine de cette exposition, affirme que "c'est une œuvre d'art étonnante" tout à fait fonctionnelle de surcroît. Après avoir subtilisé l'espiègle rouleau à son auteur, ce dernier a indiqué à son professeur avoir passé plus de dix heures pour le réaliser... Des heures que l'étudiant auraient pu mettre à profit pour réviser et passer son examen sans l'aide de sa béquille.

L'une des pièces les plus insolites est sans contexte cet index "de carotte" où un étudiant avait recensé toutes les gruges dissimulées sur son corps et dans ses habits. Les visiteurs pourront également admirer une compilation lilliputienne de triche d'une centaine de pages.

En grec, le pendant de la "carotte" est la "skonakia". Étymologiquement, ce terme veut dire poudre ou poussière. Mais il était également utilisé pour décrire des médicaments confectionnés dans le passé par des pharmacies. Ces officines vendaient en effet ces remèdes en poudre emballés dans un petit papier. Ce petit papier en question était ensuite utilisé par des étudiants pour tricher. Et si jamais ils se faisaient prendre par les professeurs, la "skonakia" leur donnait un alibi médical.

Malheureusement, de nos jours, les enseignants mettent de moins en moins au jour de telles œuvres d'art. En effet, les moyens employés aujourd'hui par les étudiants pour tricher, grâce à leur téléphone portable ou écouteurs bluetooth, ne suscitent plus aucun émerveillement...