Allemagne : prison requise dans un des tout derniers procĂšs du nazisme

Allemagne : prison requise dans un des tout derniers procĂšs du nazisme
Tous droits rĂ©servĂ©s CHRISTIAN CHARISIUS/(c) dpa/Pool
Par Euronews avec AFP
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đŸ‡©đŸ‡Ș Allemagne : le parquet requiert trois ans de prison contre un ancien gardien SS de camp de concentration.

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Il a participé à un "massacre organisé par l'Etat" : l'accusation a requis trois ans de prison lundi contre un ancien gardien SS de camp de concentration, jugé en Allemagne dans un des tout derniers procÚs des atrocités nazies.

Bruno Dey, 93 ans, Ă©tait un garde SS en avril 1944 et avril 1945 du camp de Stutthof, situĂ© Ă  40 km de la ville de Gdansk, aujourd'hui en Pologne. ÂgĂ© de 17 ans au moment des faits, il est jugĂ© Ă  Hambourg depuis octobre pour complicitĂ© du meurtre de 5 230 prisonniers - 5 000 en "crĂ©ant et maintenant des conditions qui mettent la vie en danger", 200 par gazage et 30 d'une balle dans la nuque.

"Il n'y a aucun doute" sur la culpabilité de l'accusé, qui a "_agi intentionnellemen_t", a estimé lundi le procureur Lars Mahnke, qui a requis une peine de trois ans de prison.

Ordre ou choix?

Le verdict sera rendu le 23 juillet. Aujourd'hui boulanger à la retraite, poussé sur un fauteuil roulant par une infirmiÚre, il cache depuis le début des audiences à l'automne son visage à l'épaisse moustache derriÚre une chemise cartonnée.

Depuis le dĂ©but du procĂšs, comme durant l'enquĂȘte, Bruno Dey n'a pas niĂ© avoir Ă©tĂ© gardien mais il assure avoir Ă©tĂ© obligĂ© d'y travailler.

"Je ne me sens en rien coupable pour ce qui s'est passĂ© Ă  l'Ă©poque", avait-il lancĂ© le 20 mai lors d'une audience. "Je n'y ai en rien contribuĂ© autrement que par le fait d'ĂȘtre garde", s'Ă©tait-il dĂ©fendu.

Ses avocats affirment qu'il n'a pas rejoint volontairement les SS dans le camp mais y fut affecté car sa santé ne permettait pas de le mobiliser au front.

Mais pour le procureur, l'accusĂ© a bien participĂ© Ă  un "gĂ©nocide", Ă  un "massacre organisĂ© par l'État" auquel il avait le choix de se soustraire en "descendant de la tour, remettant son fusil et dĂ©clarant qu'il ne pouvait pas continuer".

"Il ne peut pas ĂȘtre fier d'avoir dĂ©tournĂ© le regard au moment dĂ©cisif", a dĂ©noncĂ© le procureur, estimant que la justice devait "envoyer un signal d'avertissement clair Ă  tout le monde, mĂȘme 75 ans" aprĂšs.

Créé en 1939, ce premier camp construit hors d'Allemagne a été peu à peu agrandi sous la responsabilité des SS.

Quelque 115 000 déportés y ont été emprisonnés, dont 65 000 ont perdu la vie, selon le Mémorial Yad Vashem. A partir de 1944, il a compté de nombreux Juifs, essentiellement des femmes des pays baltes et de Pologne transférées d'autres camps, dont Auschwitz.

Le site, oĂč les conditions de vie Ă©taient Ă©pouvantables et qui comportait une chambre Ă  gaz, comptait environ 3 000 gardes SS et auxiliaires ukrainiens.

Les exĂ©cutions y Ă©taient frĂ©quentes et le camp Ă©tait conçu de façon Ă  ce que "personne ne puisse s'en sortir". MĂȘme les charges de travail Ă©taient destinĂ©es in fine Ă  "anĂ©antir", selon le procureur gĂ©nĂ©ral, "personne n'Ă©tait censĂ© survivre Ă  Stutthof".

L'accusation juge que l'accusé a été un rouage essentiel de la "solution finale" nazie visant les Juifs.

Sévérité tardive

Ces derniÚres années, l'Allemagne a jugé et condamné plusieurs anciens SS pour complicité de meurtre, illustrant la sévérité tardive de sa justice, accusée d'avoir longtemps fermé les yeux.

Parquets et tribunaux allemands ont élargi aux gardiens de camps le chef d'accusation de complicité de meurtre, auparavant réservé aux personnes qui occupaient des postes élevés dans la hiérarchie nazie ou directement impliquées.

Aucun de ces condamnés n'est cependant allé jusqu'ici en prison, en raison de leur état de santé.

Le cas le plus emblématique fut la procédure engagée contre John Demjanjuk. Ancien gardien du camp d'extermination de Sobibor, il écopa en 2011 d'une peine de cinq ans de prison. Il mourut en 2012 avant son procÚs en appel.

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Il y a encore une vingtaine d'affaires de ce type en cours d'instruction dont une dizaine concernent le seul camp de Sachsenhausen.

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