Le t-shirt reprenant l’affiche originale des Jeux de 1936 ouverts par Adolf Hitler est en rupture de stock sur la boutique officielle des Jeux olympiques. Alors que certains dénoncent un merchandising de propagande, le CIO refuse de le retirer.
Le t-shirt “Berlin 1936 Olympia”, désormais en rupture de stock sur la boutique en ligne des Jeux olympiques, suscite une vive polémique. Les Jeux de 1936 à Berlin sont en effet surtout connus comme les “Jeux nazis”, et le t-shirt reprend un extrait de l’affiche originale conçue par Franz Würbel pour Adolf Hitler, selon la chaîne allemande Deutsche Welle.
"On peut supposer que la grande majorité des personnes qui le portent ne veulent pas attirer l'attention de manière critique sur le spectacle de propagande des nazis. Le T-shirt devrait donc être très populaire parmi les néonazis et les extrémistes de droite, souligne également le quotidien allemand Tagesspiegel.
La politicienne écologiste Klara Schedlich a appelé le Comité international olympique à retirer ce produit.
Sur les réseaux sociaux, elle s’interroge : “CIO, vous êtes sérieux ? La propagande comme merchandising olympique ? Cela montre que le CIO n’a absolument aucune compréhension de l’histoire.”
Les Jeux olympiques de 1936
Lors de ces Jeux, Adolf Hitler n’a accepté de serrer la main qu’aux médaillés allemands, ce à quoi le CIO s’était opposé.
L’athlète américain Jesse Owens, âgé de 22 ans, a remporté quatre médailles d’or, réfutant sur la scène mondiale l’idéologie raciale nazie.
Le CIO maintient le t-shirt en vente
Malgré la controverse, le CIO ne prévoit pas de retirer le t-shirt. Il indique que la question de la propagande nazie liée aux Jeux de Berlin sera abordée au Musée olympique de Lausanne. Dans un communiqué relayé par Die Zeit, le CIO souligne : “Dans le même temps, nous ne devons pas oublier qu’à Berlin, 4 483 athlètes de 49 pays se sont battus pour des médailles dans 149 épreuves.”
Profusion de références au nazisme
La polémique s’inscrit dans un contexte plus large où certains incidents à travers le monde ont ravivé les débats sur la visibilité de symboles liés au nazisme.
En Allemagne, le chef du parti AfD en Thuringe, Björn Höcke, a déjà été condamné à deux reprises pour l’usage de slogans nazis. Cependant, les décisions de justice ne sont pas encore définitives, ce qui lui permet de continuer à se produire publiquement.
Aux États-Unis, Elon Musk a fait le salut hitlérien et exprimé son soutien au parti populiste AfD, tandis que Greg Bovino, ancien haut fonctionnaire américain, a été critiqué pour un manteau évoquant les uniformes SS.