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Une autre journée de protestation contre le président serbe et sa gestion de la pandémie de Covid-19

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Une autre journée de protestation contre le président serbe et sa gestion de la pandémie de Covid-19
Tous droits réservés  Darko Vojinovic/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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De nouveaux heurts ont éclaté mercredi soir à Belgrade lors d'un rassemblement de manifestants furieux depuis l'annonce mardi de la réintroduction d'un confinement durant le weekend à venir... L'objectif affiché du président Aleksandar Vucic est de lutter contre la résurgence de la pandémie, mais devant la colère de milliers d'habitants de Belgrade, il a commencé à reculer.

Il a déclaré que la décision finale sur un confinement éventuel reviendrait à son gouvernement et que celui-ci prendrait sans doute des mesures plus sévères sans introduire de couvre-feu.

Quelques milliers de manifestants se sont initialement réunis dans le calme à l'appel de l'Alliance pour la Serbie, principale coalition de partis d'opposition ayant boycotté les élections en accusant le pouvoir d'autoritarisme croissant, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Mais une fois le gros des troupes parti, des heurts ont opposé la police anti-émeutes à des groupes de manifestants dans les rues avoisinant le Parlement.

La veille, une soixantaine de manifestants et de policiers ont été blessés tandis qu'une vingtaine de personnes ont été arrêtées. Les forces de l'ordre ont été accusées de violences après la diffusion par la chaîne N1 d'images de passages à tabac, en particulier de policiers frappant à coups de matraque trois personnes assises sur un banc.

Un leader de l'opposition ayant boycotté les législatives, Bosko Obradovic, a raconté à la télévision N1 avoir été frappé par les policiers.

Les forces de l'ordre ont été accusées de violences après la diffusion par la chaîne N1 d'images de passages à tabac, en particulier de policiers frappant à coups de matraque trois jeunes gens assis sur un banc.

Aleksandar Vucic a reconnu que certains policiers avaient "failli" à leur mission, assurant qu'ils devraient répondre de leurs actes.

Il a également dénoncé la "violence politique la plus brutale des dernières années", déclarant sans autre précision que des "éléments étrangers" avaient fomenté les incidents au côté de l'extrême droite "profasciste".

Manipulation des chiffres ?

Au-delà des débordements, des manifestants ont témoigné de leur ressentiment face à la gestion de la pandémie par les autorités. Des critiques lui reprochent d'avoir favorisé une deuxième vague de l'épidémie en levant rapidement le confinement initial pour pouvoir organiser les élections du 21 juin, largement remportées par le Parti progressiste serbe au pouvoir.

"Notre gouvernement ne cherche qu'à protéger ses intérêts, les gens sont des dommages collatéraux", a déclaré Jelina Jankovic, une manifestante de 53 ans.

"On en a assez des manipulations des chiffres du Covid-19", renchérissait Danijela Ognjenovic, 52 ans. "Les gens sont très en colère".

Après avoir maîtrisé la première vague du virus début mai, la Serbie est passée officiellement d'une cinquantaine de contaminations quotidiennes voici un mois à environ 350 actuellement.

Aleksander Vucic a parlé d'hôpitaux débordés par près de 4 000 malades du Covid-19.

La nouvelle vague est survenue dans le cadre d'un déconfinement rapide autorisé par les autorités, avec par exemple des manifestations sportives de masse dont un tournoi de tennis organisé par la star Novak Djokovic, testé positif quelques jours plus tard.

De hauts responsables politiques ont également été testés positifs après les célébrations de la victoire électorale du parti au pouvoir.

La pandémie a contaminé environ 17 000 personnes et fait officiellement 341 morts.