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Un troisième jour de négociation tendu pour le plan de relance de l'UE

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Angela Merkel arrive au sommet à Bruxelles dimanche 19 juillet 2020
Angela Merkel arrive au sommet à Bruxelles dimanche 19 juillet 2020   -   Tous droits réservés  Francisco Seco/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Les Européens redoutaient dimanche de voir les négociations sur un plan de relance post-coronavirus massif s'achever sur un échec, au troisième jour d'un sommet européen laborieux à Bruxelles.

Malgré la "bonne volonté" des 27, "il est aussi possible qu'aucun résultat ne soit obtenu aujourd'hui", a prévenu la chancelière allemande Angela Merkel à son arrivée au sommet pour une journée qualifiée de "décisive".

Le président français Emmanuel Macron, qui défend ce plan à ses côtés, a lui prévenu que les "compromis" ne pouvaient pas se faire "au prix de l'ambition européenne".

Du montant global du plan, à l'équilibre entre prêts et dons, en passant par le contrôle des fonds versés ou un mécanisme liant les subventions au respect de l'Etat de droit dans les pays bénéficiaires, les points de dissension ne manquent pas.

Et l'unanimité nécessaire des 27 Etats membres rend un compromis particulièrement difficile.

Mme Merkel et M. Macron ont retrouvé en début de matinée le président du Conseil européen, Charles Michel, chef d'orchestre du sommet, pour décider de la marche à suivre, après 48 heures de discussions qui n'ont pas permis de faire plier les Pays-Bas et leurs alliés "frugaux" (Danemark, Suède et Autriche, ainsi que la Finlande), très réservés sur ce projet.

Selon une source diplomatique, l'Allemande et le Français doivent décider "sur cette base s'ils reprennent ou pas" le sommet, initialement supposé redémarrer à midi (10H00 GMT), mais dont la reprise a été décalée.

Nouvelle proposition

Le deuxième jour de discussion, sous haute tension, s'est achevé dans la nuit de samedi à dimanche sur une réunion "très dure", selon plusieurs sources, entre le président français, la chancelière allemande et les dirigeants des quatre "frugaux" et de la Finlande.

Après plusieurs tentatives infructueuses de compromis, Mme Merkel et M. Macron ont retrouvé à l'hôtel le dirigeant italien Giuseppe Conte dont le pays serait, avec l'Espagne, l'un des principaux bénéficiaire du plan.

Sur la table des négociations, un fonds constitué par une capacité d'emprunt de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne, qui affronte une récession historique, adossé au budget à long terme de l'UE (2021-2027) de 1.074 milliards d'euros.

M. Michel, qui avait déjà présenté samedi une proposition révisée de plan de relance pour tenter de lever les réserves, doit en "tester" une nouvelle dimanche.

Une option est de modifier la répartition entre prêts et subventions en augmentant la part des premiers à 300 milliards (contre 250 dans la proposition initiale) sans réduire la part des subventions directement destinées aux Etats pour soutenir leurs plans de relance.

Les "frugaux" préfèrent nettement les prêts, que chaque Etat doit personnellement rembourser, aux subventions.

Respect de l'État de droit

Charles Michel a aussi proposé un mécanisme permettant à un pays qui aurait des réserves sur les réformes présentées par un autre Etat, en contrepartie des aides, d'ouvrir un débat à 27, soit devant le Conseil européen (c'est-à-dire les dirigeants), soit devant les ministres des Finances de l'UE.

C'est une réponse à M. Rutte, qui réclame que les plans nationaux soient validés à l'unanimité des 27, ce qui équivaut de facto à un droit de veto pour chaque capitale, pour s'assurer que l'argent versé aux pays du Sud, jugés plus laxistes en matière budgétaire, soit dépensé convenablement.

Cette demande inquiète Rome et Madrid, qui craignent d'être soumis à un programme de réformes (marché du travail, retraites...) imposé.

Autre sujet délicat : le lien entre le versement des aides et le respect de l'Etat de droit, qui hérisse Budapest et Varsovie, actuellement dans le collimateur de l'UE.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a accusé dimanche son homologue néerlandais, là aussi très impliqué sur le dossier, de vouloir le "punir financièrement".

"Je ne sais pas pour quelle raison personnelle le Premier ministre néerlandais me déteste moi ou la Hongrie", a-t-il déclaré lors d'un point presse.

Selon M. Orban la création d'un tel mécanisme exigerait "des semaines de négociations".

"Si le sommet échoue, ce sera pour deux raisons: l'opposition persistante de M. Conte (au mécanisme sur) l'unanimité réclamée par M. Rutte, et l'insistance de (la Première ministre finlandaise Sanna) Marin et M. Rutte sur l'État de droit", estime un diplomate européen.

"Le problème, c'est que ces questions sont fondamentales et ne seront pas résolues juste avec un second sommet", conclut-il.