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Double explosion à Beyrouth : plus de 100 morts et des milliers de blessés

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Double explosion à Beyrouth : plus de 100 morts et des milliers de blessés
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C'était "comme une bombe atomique", de l'aveu d'un habitant de Beyrouth. La déflagration consécutive à la double explosion survenue mardi soir dans la capitale libanaise a été ressentie jusqu'à Chypre, à 200 kilomètres. La catastrophe, qui a soufflé le port et les quartiers environnants, a fait plus de 100 morts selon un bilan communiqué par la Croix Rouge libanaise ce mercredi matin. Près de 4 000 blessés sont également à déplorer.

BREAKING | Explosion à Beyrouth

Une forte explosion a retenti ce mardi après-midi dans la zone du port de Beyrouth, la capitale du Liban. L'origine de cette déflagration est inconnue pour le moment. Suivez en direct ➡️ https://bit.ly/3i6sBQB

Publiée par Euronews en français sur Mardi 4 août 2020

Le nitrate d'ammonium est à l'origine de ces explosions. 2 750 tonnes de cette substance étaient stockés dans des entrepôts du port.

Le nitrate d'ammonium est un sel blanc et inodore. Cette substance, utilisée comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés, a causé plusieurs accidents industriels dont l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en France en 2001.

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Le silo du port soufflé par l'explosion, Beyrouth le 5 août 2020AP Photo/Hussein Malla

Dans l'épicentre de l'explosion, le paysage est apocalyptique : les conteneurs ressemblent à des boîtes de conserve tordues, les voitures sont calcinées, le sol jonché de valises et de papiers provenant des bureaux avoisinants, soufflés par l'explosion.

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Un hélicoptère luttant contre les flammes après l'explosion dans le port de Beyrouth, le 4 août 2020STR/AFP

"C'était comme un volcan" décrit Hadi Nasrallah, témoin de l'explosion contacté par Euronews. "J'ai déjà vécu des explosions de voitures piégées ici dans la région et généralement je vois de la fumée noire monter. Cette fois, c'était rose et blanc, mais c'était énorme", poursuit-il.

ANWAR AMRO/AFP
Le port de Beyrouth dévasté, le 5 août 2020ANWAR AMRO/AFP

Le Premier ministre libanais Hassane Diab qui a promis que "les responsables de cette catastrophe en paieront le prix" a décrété un jour de deuil national pour ce mercredi. "Il est inadmissible qu'une cargaison de nitrate d'ammonium, estimée à 2 750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C'est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire", a également déclaré le Premier ministre devant le Conseil supérieur de défense, selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse.

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Voiture retournée par le souffle de l'explosion, Beyrouth le 4 août 2020JOSEPH EID/AFP

Des secouristes, épaulés par des agents de sécurité, ont cherché toute la nuit des survivants ou des morts coincés sous les décombres.

PATRICK BAZ/AFP
Un personne tuée par l'explosion découverte par les secouristes, Beyrouth dans la nuit du 4 au 5 aoûtPATRICK BAZ/AFP

Ce mercredi matin, dans les ruines fumantes du port de Beyrouth, au milieu des immeubles éventrés, les équipes de secours tentaient mercredi de retrouver des victimes, au lendemain des deux énormes explosions.

Les hôpitaux de cette agglomération de plus de deux millions d'habitants , qui doivent déjà faire face à la pandémie de Covid-19, sont saturés, confrontés à un flot continu des milliers de blessés.

Des Casques bleus des Nations unies ont été également grièvement blessés à bord d'un navire amarré dans le port, selon la mission de l'ONU au Liban.

La capitale libanaise, déclarée ville "sinistrée", s'est réveillée sous le choc, après ces explosions d'une telle puissance qu'elles ont été enregistrées par les capteurs de l'institut américain de géophysique (USGS) comme un séisme de magnitude 3,3.

Plusieurs pays ont proposé leur aide, notamment la France et les Etats-Unis. Le président Emmanuel Macron a annoncé sur Twitter l'envoi d'un détachement de la sécurité civile et de "plusieurs tonnes de matériel sanitaire" à Beyrouth.

Une enquête a été ouverte pour en savoir plus sur les conditions de stockage d'une substance aussi dangereuse.

Ce drame survient alors que le Liban connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.