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Coronavirus : le blues du Château de Versailles, privé de ses touristes étrangers

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Le Château de Versailles, après sa réouverture au public le 7 juin 2020
Le Château de Versailles, après sa réouverture au public le 7 juin 2020   -   Tous droits réservés  AP Photo/Michel Euler
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L'impact de la pandémie de Covid-19 sur le tourisme en France est bien réel. Dernier exemple en date, le Château de Versailles a vu sa fréquentation "s’écrouler" de l'aveu de Catherine Pégard, présidente de cet établissement public, troisième site touristique le plus fréquenté de l'Hexagone.

Actuellement, en l'absence de touristes étrangers, les visiteurs ne sont en effet que 10 000 par jour. Ce qui est trois fois moins important que d'habitude.

"Par jour, nous sommes autour de 10 000, plus pendant le weekend, moins en semaine, parce que nos visiteurs sont quasiment exclusivement français. On voit venir petit à petit des étrangers, des Allemands, des Hollandais, quelques Italiens", a déclaré ce mercredi Catherine Pégard sur la radio RTL.

En temps normal, le château visité à 80% par des étrangers accueille 30 000 personnes par jour pendant cette période, a-t-elle précisé.

45 millions de pertes pour Versailles

"Financièrement, on ne s'y retrouve pas du tout", a-t-elle déploré en ajoutant que l'établissement qui a rouvert au public le 6 juin avait "perdu 45 millions" d'euros depuis le confinement.

"Cela nous donne beaucoup à réfléchir sur ce que nous devons être, ce que nous devons faire, c'est tout notre modèle qui si j'ose dire s'est écroulé", a-t-elle dit, rappelant que "de toute l'histoire, la fermeture du château ne s'est produite qu'une fois, au moment de la déclaration de la seconde guerre mondiale".

Elle a toutefois assuré "ne pas faire d'économies" sur le personnel, tant pour les quelques 1 000 salariés du château que pour les 20 000 autres personnes "qui travaillent autour" du site.

Pertes d'au moins 30 à 40 milliards d'euros pour le tourisme français

Le week-end dernier, le secrétaire d'Etat au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, avait chiffré à au moins 30 à 40 milliards d'euros "l'impact immédiat" de la crise sanitaire sur le secteur touristique français, dans un entretien au Journal du Dimanche, en soulignant qu'une partie de la clientèle internationale "a disparu".

"En temps normal, le tourisme génère 180 milliards d'euros de recettes, dont 60 milliards grâce au tourisme international. L'impact immédiat de l'épidémie est d'au moins 30 à 40 milliards d’euros", avait ainsi déclaré le secrétaire d'Etat.

Jean-Baptiste Lemoyne avait également salué que "les Français participent massivement à la relance du secteur touristique en privilégiant la France" en ajoutant que "cela permet de sauver l'essentiel".

"Mais soyons clairs : en temps normal, la France accueille chaque été 17 millions de touristes étrangers quand 9 millions de Français partent à l'étranger" et "une partie de cette clientèle internationale a disparu", a-t-il conclu.

Ainsi, le Louvre, le musée le plus visité au monde, a pour sa part vu sa fréquentation divisée par quatre en juillet, avec 10 000 visiteurs par jour, un niveau cependant conforme aux prévisions de sa direction.

Durant le confinement, le musée avait particulièrement soigné son site internet et ses réseaux sociaux. Résultat, les visites avaient explosé, passant de 40 000 à 400 000 par jour. Mais cette afflux de connexion ne s'était pas ensuite traduit en visite bien réelle. Environ 7 000 personnes avaient en effet réservé une entrée pour le premier jour de réouverture le 6 juin dernier.

Réservation en ligne et masque obligatoire à Disneyland

Depuis sa réouverture le 15 juillet dernier, la première destination touristique de France et d’Europe, Disneyland Paris, mise également sur le retour des visiteurs français mais aussi étrangers .Ces derniers représentent en effet 56% du public, selon le groupe aux grandes oreilles.

Eu égard à la situation sanitaire, des mesures telles que capacité d’accueil limitée, masque (pour les plus de 11 ans) et réservation en ligne obligatoire ont été mises en place par la direction.

D'ordinaire, le parc, qui a attiré depuis sa création en 1992 autour de 350 millions de visites, est fréquenté par 40 000 personnes par jour. Mais ici aussi, la clientèle étrangère fait défaut, les files d'attentes sont moins importantes qu'à l'accoutumée. De quoi ravir les ochlophobes !