DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

Mali : l'opposition offre de travailler à une transition politique avec les putschistes

Access to the comments Discussion
Par Laurence Alexandrowicz  & euronews avec AFP
euronews_icons_loading
Des militaires maliens fêtés par des habitants de Bamako, devant la résidence présidentielle le 18 août 2020
Des militaires maliens fêtés par des habitants de Bamako, devant la résidence présidentielle le 18 août 2020   -   Tous droits réservés  AP Photo
Taille du texte Aa Aa

Un colonel de l'armée malienne, Assimi Goita, s'est présenté mercredi comme le nouvel homme fort à Bamako, au lendemain du coup d'Etat ayant renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, un putsch unanimement condamné à l'étranger.

"Je me présente: je suis le colonel Assimi Goita, le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP)", a déclaré à la presse cet officier supérieur qui était apparu dans la nuit de mardi à mercredi à la télévision nationale aux côtés d'autres militaires, sans prendre la parole.

Il a estimé que son pays se trouvait "dans une situation de crise socio-politique, sécuritaire" et n'avait "plus le droit à l'erreur".

Le colonel Goita ne pourra pas compter sur la moindre indulgence de la communauté internationale qui a unanimement condamné le putsch, réclament le retour à l'ordre constitutionnel et la libération du président Keïta arrêté mardi par les militaires.

Libération du président

Les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont demandé la libération "immédiate" du président renversé et "souligné la nécessité pressante de rétablir l'Etat de droit et d'aller vers un retour de l'ordre constitutionnel".

Fortement engagée au Sahel où elle combat les groupes djihadistes qui ont contribué à déstabiliser le Mali, la France a, par la voix du président Emmanuel Macron, a estimé que "la lutte contre les groupes terroristes et la défense de la démocratie et de l'Etat de droit sont indissociables".

L'UA a de son côté suspendu le Mali "jusqu'au retour de l'ordre constitutionnel" et demandé "la libération du président (...) du Premier ministre et des autres responsables du gouvernement arrêtés par la force par l'armée".

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui a tenté sans succès de résoudre la crise qui frappe le Mali depuis juin, a également suspendu ce pays avant une réunion jeudi en visioconférence.

L'UE a réclamé la libération "immédiate" des dirigeants arrêtés et un "retour immédiat de l'état de droit". "La stabilité de la région et du Mali, la lutte contre le terrorisme doivent demeurer des priorités absolues", selon elle.

Washington a aussi "fermement" condamné "la mutinerie" et exigé que la "liberté et la sécurité" des dirigeants maliens et de leurs familles soient "assurées".

"Vaquez à vos occupations"

Ces condamnations n'ont pas dissuadé le colonel-major Ismaël Wagué, porte-parole du (CNSP), de demander à ses compatriotes de "vaquer librement à leurs occupations". Il a aussi demandé "d'arrêter immédiatement les actes de vandalisme et de destruction des édifices publics". Des manifestants ont incendié mardi le cabinet d'avocat de l'ex-ministre de la Justice Kassim Tapo.

Ismaël Wagué n'a en revanche rien dit sur le président Keïta, dit IBK, ni le chef du gouvernement, Boubou Cissé, toujours au camp militaire de Kati, le quartier général des auteurs du coup d'Etat près de Bamako.

Le calme a régné mercredi dans la capitale, qui portait encore les stigmates des incidents ayant ponctué ce renversement de pouvoir.

Le président Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018 pour cinq ans, a annoncé à la télévision publique sa démission dans la nuit de mardi à mercredi, puis la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale.

Le colonel-major Ismaël Wagué, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air, a ensuite annoncé la création du CNSP, expliquant que les militaires avaient "décidé de prendre (leurs) responsabilités" face au chaos et à l'insécurité.

Les militaires ont dit vouloir "une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles" dans un "délai raisonnable".