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Art Paris 2020 expose envers et contre tout

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Après avoir été annulé puis organisé en ligne, Art Paris 2020 s'est finalement tenu à Paris du 10 au 13 septembre. L'événement est devenu ainsi la première foire internationale dédié à l'art contemporaine organisée depuis le début de la pandémie.

"De l'espoir, de la lumière et de la joie"

"Les galeries sont très inquiètes, elles n'ont pas vu de collectionneurs, pas fait de ventes, c'est une période qui est très angoissante," reconnaît Guillaume Piens, directeur d'Art Paris, avant d'ajouter : "Je crois qu'[au sein d'Art Paris] on sent que cela donne beaucoup d'espoir, de lumière et de joie aux galeristes de pouvoir enfin montrer leurs artistes et les vendre."

Près de 57.000 visiteurs masqués ont été accueillis dont des étrangers, une bonne nouvelle alors que les restrictions de voyage sont synonymes de conséquences lourdes pour certains.

"Les plus fragilisés dans cet écosystème," explique Gaël Charbau, commissaire invité et critique d'art indépendant, "ce sont les artistes les plus jeunes parce qu'eux, ils ont besoin d'avoir une reconnaissance à l'extérieur de la scène française."

"Se confronter à ses émotions"

Pour soutenir les artistes émergents sur les quelque 900 représentés à la foire, Art Paris a imaginé un espace appelé "Promesses" au centre du Grand Palais où 14 jeunes galeries ont exposé peintures et sculptures.

Rosa Maria Unda Souki, d'origine vénézuélienne et brésilienne, y a présenté son travail sur notre vie quotidienne et nos intérieurs.

"Je ne vois pas la salle de bains comme un espace ordinaire, mais comme un espace très particulier où l'on peut trouver l'apaisement en étant très seul," indique la jeune artiste. "On est dans un lieu sûr où l'on peut se confronter à ses émotions," renchérit-elle.

Dans sa série, à chaque couleur correspond un sentiment, de l'amour à la tristesse. La dernière peinture devait illustrer l'amusement, mais Rosa Maria Unda Souki y a ajouté de l'humour noir. "Je voulais parler de la joie, du plaisir procuré par l'eau... Mais j'ai réalisé ce tableau pendant le confinement, donc je pensais beaucoup à l'humour à ce moment-là, à la manière dont on pouvait rire de cette tragédie, de ce drame que nous vivions," s'amuse-t-elle.

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L'une des œuvres de Rosa Maria Unda Soukieuronews

Quête de "figuration" et de "poésie"

Bien qu'Art Paris soit une vitrine pour vendre des œuvres, l'événement est aussi pour une large part, l'illustration d'un regard porté sur la création contemporaine.

"Je trouve que d'une certaine manière, on a quitté les rives d'un art trop conceptuel ou très conceptuel qui était basé sur des idées pour revenir à des formes qui sont très ancrées dans la matière, l'image, la figuration," estime Gaël Charbau, commissaire invité.

Si la scène française était à l'honneur dans le cadre de "Histoires communes et peu communes", l'autre grande thématique concernait l'art espagnol et portugais des années 1950 à nos jours.

Parmi les invités, l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, venu voir le travail de son père Xavier Valls. "Mon père était un grand artiste espagnol figuratif qui a travaillé essentiellement à Paris," fait-il remarquer. "Il a peint des objets d'une très grande douceur, d'une très grande lumière, d'une très grande méticulosité et cela donne beaucoup de poésie," estime-t-il.

La tenue d'Art Paris comme celle d'autres grands événements a été digne d'un feuilleton à rebondissement cette année. En 2021, la foire aura lieu dans une réplique éphémère du Grand Palais pour cause de rénovation du monument. Sa réouverture est prévue en 2024 à temps pour les Jeux olympiques.