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Un début de mandat agité pour Ursula von der Leyen

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Un début de mandat agité pour Ursula von der Leyen
Tous droits réservés  YVES HERMAN/POOL/AFP
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"Merci pour la confiance que vous m'accordez. Mon travail commence maintenant". C’est par ces mots que la présidente de la Commission européenne s’était adressée au Parlement européen qui validait alors sa désignation.

Pour les premiers mois de son mandat Ursula von der Leyen a rencontré une situation inédite marquée par le bouleversement mondial provoqué par le coronavirus. La pandémie a mis à mal la solidarité européenne et la capacité de la responsable allemande à faire front.

Premier état de l’UE

Ursula von der Leyen se prépare maintenant pour son premier discours sur l'état de l'Union européenne. L’exercice est l’occasion de tirer le bilan de l’année écoulée et d’évoquer les priorités pour les mois à venir. Comme le veut la procédure la présidente de la Commission s'adressera devant les eurodéputés.

Alors que le coronavirus s'étendait en Europe au cours du printemps, les systèmes de santé ont été dépassés, le confinement est devenu la norme pendant plusieurs semaines et les frontières se sont fermées. Malgré les appels de la Commission européenne, les Etats membres ont suivi leurs intérêts nationaux. Un manque de solidarité regretté par Ursula von der Leyen qui reconnaissait "que beaucoup ont manqué à l'appel lorsque l'Italie avait besoin d'aide au tout début".

Pour la journaliste du New York Times, Matina Stevis-Gridneff, cette cacophonie a porté un coup à la solidarité européenne. La fermeture des frontières qui a accompagné le confinement s’est révélée comme un "choc pour la Commission".

Une économie à relancer

La pandémie a aussi sapé l'économie européenne. L'Union fait face à sa pire récession, le chômage augmente et de nombreuses entreprises pourraient ne jamais reprendre leur activité. Malgré les difficultés les 27 sont parvenus en juillet à un accord sur la stratégie de relance. Ce plan prévoit de partager une partie de la dette ainsi que la mise en place d'un fonds de relance de 750 milliards d'euros.

Pour le responsable du bureau bruxellois du journal The Economist c’est l’événement politique de cette année 2020. "C'est un pas énorme pour l'Union européenne et cela s'est produit sous sa coupe. Elle (Ursula von der Leyen) a géré cela comme elle a pu mais on parle d'une situation très difficile", explique Duncan Robinson.

Nouvelle stratégie migratoire

Avec l'incendie du camp de réfugiés à Lesbos, de nombreuses voix ont évoqué la fin de la politique migratoire européenne. Si 2020 n'est nullement comparable à 2015, le plus fort de la crise, les arrivées de demandeurs d'asile sont à la hausse cette année et un accord semble plus improbable que jamais. Pour le journaliste Brian Maguire le problème vient du manque d’innovation politique. "Il n'y a jamais eu une grande idée à laquelle tout le monde peut adhérer. En fait ils ont essayé de bricoler autour de plans déjà existants. Et cela ne va pas marcher", prévient-il.

l'UE doit aussi faire face à des défis internationaux avec des acteurs toujours plus déterminés comme la Chine et la Russie. A cela s'ajoute les tensions dans l'Est de la Méditerranée ou en Biélorussie. Enfin la perspective d'un Brexit sans accord se renforce un peu plus. Toutefois pour Ian Lesser du German Marshall Fun, les relations internationales peuvent représenter l’un des plus grands succès d’Ursula von der Leyen. Elle a réussi à porter "l'attention sur la politique étrangère européenne. Il y a plus de débat sur la question, il y a aussi plus de consensus", analyse-t-il.

Malgré tous ces défis bon nombre d'observateurs estiment que la présidente de la Commission a su tirer le meilleur face à ces difficultés.