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L’UE face à ses responsabilités après l’incendie du camp de réfugiés de Moria

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L’UE face à ses responsabilités après l’incendie du camp de réfugiés de Moria
Tous droits réservés  Petros Giannakouris/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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C'est un énorme panache de fumée noire au-dessus du camp de Moria. Des milliers de migrants ont fui les lieux pour trouver refuge et pour pouvoir se nourrir. L'incendie a ravagé le plus grand camp des demandeurs d'asile de Grèce, situé sur l'île de Lesbos.

L'origine du feu n'est pas encore déterminée mais ce drame met en lumière la délicate question de l'accueil des réfugiés dans l’UE. Pour Stephan Oberreit de Médecins sans frontières, Moria était une "bombe à retardement" qui aurait pu exploser à n’importe quel moment. Le coordinateur des questions migratoires pour l’ONG souligne que "depuis son ouverture en 2015 les conditions dans le camp de Moria sont inacceptables. Récemment il y avait 20 000 personnes dans un espace censé en accueillir 3 000".

L'Union européenne a très rapidement proposé son aide à la Grèce et a fait part de sa peine face à cette situation. Mais ce drame soulève d'autres questions : où sera-t-il possible de relocaliser ces réfugiés et les Etats membres sont-ils prêts à ouvrir leurs frontières?

La Commissaire européenne en charge des Affaires intérieures assure que son institution va "continuer à aider les pays membres qui fournissent le plus d'effort concernant les arrivées illégales mais bien sûr il faut proposer des conditions décentes contrairement à ce que nous avons vu à Moria". Ylva Johansson ajoute que l'UE a permis ces derniers mois de relocaliser des milliers de réfugiés en Europe. Selon la responsable suédoise cet effort prouve que derrière les discours politiques se trouve la volonté de travailler ensemble.

La Commission européenne doit présenter prochainement son projet de pacte sur la migration et l'asile. Mais les ONG craignent que ce texte ne change rien à la réalité du terrain. "Ce qui nous inquiète c'est que la situation en Grèce et le système grec servent de base à cette stratégie européenne. Nous aimerions voir le contraire, que les gens ne soient pas placés dans des camps aux frontières de l'Union, qu'ils soient accueillis et qu'ils soient relocalisés entre les Etats membres", s’alarme Evelien van Roemburg, en charge de la campagne migration pour Oxfam Europe.

Pour les responsables politiques l'incendie de Moria est un signal d'alarme. Les questions mises sous le tapis doivent désormais faire l'objet d'une réponse formelle et concertée.